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Sécurité routière – Maghreb : les fous du volant

Un car accidenté dans le nord du Maroc, en septembre 2010. © AFP

Mauvais état des infrastructures et des véhicules, comportement dangereux des conducteurs... Du Maroc à l'Égypte, l'insécurité routière fait des ravages.

C’est l’accident le plus grave jamais survenu au Maroc. Ce 4 septembre à l’aube, l’autocar était en route pour Marrakech, et avait franchi le col de Tizi-n-Tichka, le plus haut du pays. Après une chute de 150 m dans un ravin, 42 personnes sont mortes et 25 autres ont été blessées. Le lendemain, Aziz Rabbah, le ministre de l’Équipement et des Transports, annonçait la création « d’une cellule de réflexion sur les moyens de lutter contre les accidents de la route ».

Au Maroc comme dans tout le monde arabe, la sécurité routière est un problème récurrent. Dans le royaume, les accidents ont causé quelque 4 222 décès et fait près de 10 000 blessés graves en 2011. Soit 13 morts par jour, et une personne blessée toutes les 7 minutes. En France la même année, on a compté 3 963 victimes pour une population deux fois plus importante.

La situation est aussi inquiétante chez les voisins algérien, tunisien et égyptien. En 2011, l’Algérie était classée au 4e rang mondial des accidents de la circulation. La même année, 1 485 Tunisiens périssaient sur les routes. En Égypte, près de 5 983 personnes ont perdu la vie ainsi en 2010.

Alcootest

Si le mauvais état des infra­structures et les dysfonctionnements des véhicules sont jugés responsables dans bien des cas, la cause principale des accidents reste trop souvent « l’élément humain ». C’est-à-dire le conducteur qui refuse de mettre sa ceinture de sécurité, téléphone au volant et ne respecte ni la signalisation, ni les interdictions de dépasser, ni les limitations de vitesse.

Face à cette situation, les campagnes de sensibilisation, le renforcement des contrôles et le durcissement des législations semblent lamentablement échouer. Au Maroc, en 2010, après l’adoption d’un nouveau code de la route instaurant des amendes plus sévères, des radars et même un alcootest (une première dans un pays où l’on estime – à tort – que les citoyens ne boivent pas puisqu’ils sont musulmans), le nombre de victimes avait pourtant sensiblement diminué. Mais les conducteurs avaient rapidement appris à composer avec les nouvelles règles, pour mieux les transgresser.

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