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États-Unis – Showbiz : Michael Jackson dans la fosse aux requins

Michael Jackson lors de sa dernière conférence de presse, le 5 mars 2009. © AFP

Avant son overdose fatale, le roi de la pop était au bout du rouleau. Ses producteurs le savaient, mais s'en fichaient éperdument. La famille Jackson leur demande aujourd'hui des comptes.

Il était criblé de dettes et de piqûres de Propofol, un puissant anesthésique. Pour éviter la faillite, il avait accepté de remonter sur scène. Mais Michael Jackson était très, très malade. Il est mort le 25 juin 2009 avant d’avoir pu honorer ses engagements.

Après s’en être pris au Dr Conrad Murray, sa famille – qui ne pouvait pourtant ignorer la détresse de son enfant chéri – attaque AEG, la société de production avec laquelle le roi de la pop s’était engagé pour une série de concerts à Londres, lui reprochant d’avoir mis trop de pression sur un être vulnérable. Une thèse que semblent accréditer les 250 pages d’e-mails récupérées par le Los Angeles Times, où les dirigeants d’AEG évoquent la santé de la star avec un cynisme glaçant. Les billets de This Is It avaient été vendus en un temps record. Bambi devait chanter et danser. Fût-ce au bord de la tombe.


Il va tenter d’annuler ses concerts car il est paresseux et versatile. Mais il est coincé!

Paul Gongaware, Un responsable d’AEG

En janvier 2009, ils le font examiner par le Dr David Slavit. Le médecin new-yorkais affirme que la star se porte comme un charme. Il est vrai qu’il n’a examiné que… ses cordes vocales. Pas un mot sur ses addictions mortifères. Et pourtant… « Jackson est enfermé dans sa chambre, bourré et déprimé, écrit Randy Phillips, directeur d’AEG Live, en mars. Il est paumé, paralysé, il se déteste. Maintenant qu’il faut commencer le show, il flippe à mort. » Phillips doit habiller lui-même le pantin désarticulé attendu en conférence de presse. Michael y apparaît hagard, mais qu’importe. Paul Gongaware, un autre responsable d’AEG, se rassure : « Il va tenter d’annuler ses concerts car il est paresseux et versatile. Mais il est coincé, il a signé le contrat. »

Paranoïa

En juin, lors des répétitions, Michael est si faible que Kenny Ortega, le metteur en scène, propose de recourir au play-back. La star montre, dit-il, « de forts signes de paranoïa, d’angoisse et de comportement obsessionnel ». Pas question d’appeler un psychiatre, lui répond Phillips, le Dr Murray fait des merveilles et les dernières répétitions sont sublimes. Ce qu’il ignore, c’est que Murray, lui-même surendetté, accède à tous les désirs de son protégé et lui injecte du Propofol. Jusqu’à l’overdose fatale.

« La mort de Michael est une tragédie, mais la vie continue. AEG gagnera une fortune avec les ventes des produits dérivés et le DVD de This Is It », conclut Phillips. Résultat : le clan Jackson et la compagnie d’assurances Lloyd’s lui demandent des comptes. Les vautours n’ont pas fini de ronger les os du cadavre.

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