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Gambie : Yahya Jammeh souffle le chaud et le froid

Une manifestation devant une représentation officielle de la Gambie à Dakar, le 22 décembre 2004. © Afp.com/Seyllou

Le président Yahya Jammeh autorise l'ONU à enquêter sur la disparition de deux journalistes. Une décision prise alors même que la liberté d'expression ne cesse de rétrécir en Gambie.

L’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, lui-même maître dans l’art du contre-pied, s’en plaignait auprès de ses proches : « Avec Yahya Jammeh, on ne sait jamais à quoi s’attendre. » En l’espace d’un mois, le chef de l’État gambien vient d’en faire une nouvelle démonstration.

Après avoir menacé d’exécuter tous les condamnés à mort (parmi lesquels figurent des prisonniers politiques) qui croupissent dans les geôles de la Gambie, il était passé à l’acte fin août en ordonnant l’exécution en catimini de neuf d’entre eux. Le 14 septembre, virage à 180 degrés : le voilà qui, dans un communiqué, annonce la suspension des exécutions « suite à de nombreux appels en ce sens du conseil des anciens, des groupes de femmes aussi bien que des groupes de jeunes », mais aussi de plusieurs dirigeants étrangers, dont l’ancien Premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, son homologue ivoirien Alassane Ouattara et le révérend américain Jesse Jackson, qui s’est invité à Banjul. Sans compter les pressions émises depuis Washington et Dakar.

Surprenante

Mieux encore : le 18 septembre, les États-Unis annoncent que Jammeh aurait enfin autorisé les Nations unies à enquêter sur la disparition de deux journalistes, Deyda Hydara et Chief Ebrima Manneh. Le premier a été tué par balle en 2004. Le second n’est jamais réapparu depuis qu’en 2006 des agents présentés comme des membres des services de renseignements l’ont interpellé dans les locaux de son journal.

Cette ouverture est d’autant plus surprenante que Jammeh a toujours éludé ces disparitions jugées emblématiques par l’opposition… et que, trois jours plus tôt, il avait ordonné la fermeture de deux journaux privés, The Standard et The Daily News, trop critiques à ses yeux.

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