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Jean-Claude Meyoupo : les hasards d’une vie heureuse au Maroc

Jean-Claude Meyoupo et son épouse marocaine. © J.A

Installé à Rabat depuis 40 ans, Jean-Claude Meyoupo n'a plus quitté le Maroc depuis ses études.

Une heure à peine s’est écoulée depuis notre coup de fil surprise. D’un pas alerte autorisant tous les paris sur son âge, il a traversé le patio de l’hôtel pour se joindre à nous. Volubile, le sexagénaire a l’enthousiasme communicatif. Résidant à Rabat depuis quelque quarante ans, Jean-Claude Meyoupo est le témoin privilégié des arrivées, par vagues successives, des Subsahariens au Maroc.

Ses camarades de promotion sont bien repartis, mais lui dit avoir été « happé, rattrapé » à plusieurs reprises par des circonstances hasardeuses. Il a bien tenté plusieurs fois de plier bagage, « mais le Maroc cherchait des ingénieurs statisticiens, et ses propres ressortissants, liés par un engagement de huit ans à la fonction publique, avaient interdiction de postuler dans le privé. Les étrangers s’arrachaient à prix d’or ». Jean-Claude Meyoupo est donc resté, lui qui voulait travailler quatre ans « pour s’équiper avant de repartir ».

Le boom des années 1980

C’est avec une bourse des Nations unies que cet originaire de Batoufam (ouest du Cameroun) débarque dans les années 1970 à Rabat, en compagnie de sept autres compatriotes, pour des études de statistiques. Les Subsahariens se comptaient alors sur les doigts de la main. L’ingénieur d’État raconte qu’il a ensuite fallu attendre le début des années 1990 pour voir arriver une deuxième vague. Selon lui, cela coïncide avec la décision du roi Hassan II de quitter l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et de développer les relations bilatérales avec différents pays du continent. Cela se traduit par l’octroi d’une trentaine de bourses par an aux Subsahariens.

Mais le vrai boom se situe à partir des années 1980. « Au début, les bourses étaient essentiellement accordées aux francophones. Puis elles se sont élargies aux lusophones et aux anglophones. La création ensuite d’écoles privées a favorisé l’arrivée de non-boursiers », se souvient ce père de trois enfants converti à l’islam depuis son mariage avec une Marocaine. Mais pour ses vieux jours, Mekki (son nom musulman) se verrait bien retourner au Cameroun. Après avoir vécu quarante belles années loin des siens. 

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