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Cameroun : Atangana et Edzoa, éternels prisonniers

L'ancien secrétaire général à la présidence, le Camerounais Titus Edzoa, en juillet 2012. © AFP

Condamnés le 4 octobre à vingt ans de prison ferme par le tribunal de grande instance de Yaoundé, Thierry Michel Atangana, homme d'affaires franco-camerounais (48 ans), et Titus Edzoa, ancien secrétaire général de la présidence (67 ans), vont devoir passer cinq ans de plus derrière les barreaux, la première peine étant prise en compte.

Amaigris, visiblement exténués mais debout, ils étaient arrivés au terme d’une peine de réclusion de quinze ans pour détournement de fonds et croyaient le bout d’une longue nuit arrivé. Condamnés le 4 octobre à vingt ans de prison ferme par le tribunal de grande instance de Yaoundé, Thierry Michel Atangana, homme d’affaires franco-camerounais (48 ans), et Titus Edzoa, ancien secrétaire général de la présidence (67 ans), vont devoir passer cinq ans de plus derrière les barreaux, la première peine étant prise en compte.

Dans cette nouvelle affaire, un juge d’instruction avait requis un non-lieu en 2008, décision qui fut suspendue, le procureur ayant fait appel. Au bout du compte, les accusés sont déclarés coupables d’un détournement de 1,1 milliard de F CFA (1,7 million d’euros) et de tentative de détournement de 59,4 milliards de F CFA. Ce jugement a été retardé par d’incessants rebondissements. Deux juges de la collégialité ont été remplacés après les débats et les plaidoiries de la défense.

Soutien de la France

« Encore une fois, je subis cette terrifiante mise en scène. Je n’ai plus la force de lutter », soupire Atangana, que le soutien de la France n’a pas sauvé. Pour l’accabler, l’accusation a même dénoncé « l’ingérence » de l’ancienne puissance coloniale. Pourtant, de droite comme de gauche, les gouvernements français jouent pour l’instant la prudence, même si, sur l’insistance de l’ambassadeur Bruno Gain, les conditions de détention du prisonnier ont été améliorées. Me Philippe Missamou, avocat du Franco-Camerounais, demande à Paris de formuler en sa faveur une demande de transfèrement en France. 

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