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Corée du Sud : la déferlante PSY

Park Jae-sang, alias PSY : "Je voulais juste écrire un truc marrant pour mes potes". © Jason Decrow/AP/SIPA

Avec "Gangnam Style", son clip déjanté, le rappeur de Séoul PSY balaie tout sur son passage : plus de 350 millions de visionnages sur YouTube. Le phénomène prend même une dimension politique !

« Je suis petit, gros et moche ! Et me voilà invité sur tous les plateaux de télé du monde ! » Le rappeur coréen PSY – Park Jae-sang, de son vrai nom – n’en revient toujours pas du succès planétaire de Gangnam Style, son clip (voir la vidéo ci-dessous). En deux mois et demi, la vidéo a été visionnée plus de 326 millions de fois. C’est le titre le plus « aimé » de l’histoire de YouTube !

Gangnam Style ? Quatre minutes douze d’une chorégraphie loufoque, de « déhanchés galopants » exécutés par un play-boy gominé, boudiné dans son smoking mais entouré d’une armada de jolies filles. En se hissant à la première place du hit-parade au Royaume-Uni, il a réussi là où les artistes lisses et branchés de la K-Pop (la pop coréenne) ont échoué : conquérir l’Europe. « Je voulais juste écrire un truc marrant pour mes potes », explique ce gosse de la bonne société de Séoul, un peu rebelle, très gâté et issu de l’univers superficiel et bling-bling des quartiers sud de la capitale. C’est justement ce milieu de nouveaux riches qu’il connaît si bien que PSY raille dans son tube.

Satire des quartiers aisés de Séoul

Il y a trente ans, dans le quartier de Gangnam, il n’y avait que des rizières à perte de vue. Aujourd’hui, avec ses gratte-ciel et ses boutiques de luxe, il est le symbole de tous les maux de la société contemporaine, ultracompétitive, superficielle et obsédée par les apparences.

Cette critique des dérives d’une certaine jeunesse échappe aux fans occidentaux. Mais la Corée du Nord ne s’y est pas trompée. Sur Uriminzokkiri, son site internet officiel, elle a aussitôt parodié le fameux clip pour ridiculiser Ahn Cheol-soo, le candidat indépendant à la prochaine présidentielle sud-coréenne. Richissime entrepreneur, celui-ci est partisan d’une plus grande fermeté à l’égard du régime de Pyongyang. « Yushin », son slogan de campagne, désigne cet ordre nouveau et autoritaire instauré autrefois (1971-1979) par le dictateur Park Chung-hee. Quand on sait que Park Geun-hye, la fille de ce dernier, est elle aussi candidate, on ne peut que sourire de l’humour des responsables nord-coréens !

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