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Aïcha Rahal, militante « marocaine et sahraouie »

Aïcha Rahal est mère de quatre enfants. © Vincent Fournier pour J.A.

Née à Amsterdam, Aïcha Rahal (40 an) est membre de la tribu Aït Lahcen

C’est à Las Palmas, aux Canaries, où Sahraouis du Maroc et du Polisario se retrouvent fréquemment en famille, que cette informaticienne quadrilingue née aux Pays-Bas a fondé en 2007 son ONG. « Femmes sahraouies pour la démocratie et les droits de l’homme », qui compte aujourd’hui une centaine de membres, dont une dizaine d’Espagnoles et de Suisses, doit son envol à la personnalité médiatique, limite survoltée, de sa fondatrice. Genève, New York, Bruxelles, Madrid : cette mère de quatre enfants est de tous les colloques, forums et réunions où la « cause » est en jeu. On l’a même vue en mai dernier débouler en pleine nuit sur le port espagnol de Barbate pour apporter son soutien aux pêcheurs sinistrés par la décision européenne de suspension des accords de pêche au large des côtes sud du Maroc.

Révoltée

Même si elle affirme se battre pour les droits de « toutes » les femmes, Aïcha Rahal ne cache pas son agenda : c’est à celles qui survivent dans les camps du Polisario à Tindouf qu’elle s’adresse en premier lieu. « Lorsque je les rencontre, que je vois leur peau sèche et calcinée et qu’elles me parlent de leurs enfants envoyés à Cuba à l’âge de 8 ans, ça me révolte. » Celle qui se dit « marocaine et sahraouie, exactement au même niveau » juge sa société à ce point divisée et acéphale qu’il lui faut un arbitre et un fédérateur, lequel ne peut être que le roi. « L’indépendance ? Nous aurions alors le choix entre la guerre civile et la dictature : je ne veux ni de l’une ni de l’autre. »

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