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Ali Zeidan, le plus européen des Libyens

En 2011, Zeidan (g.) a fait la tournée des capitales occidentales pour défendre la cause rebelle. © Vincent Fournier/J.A.

Ancien militant des droits de l'homme, Ali Zeidan a été élu Premier ministre par le Parlement, le 14 octobre. Sa priorité : former un gouvernement et rétablir la sécurité.

Éliminé de la course au perchoir au profit de Mohamed al-Megaryef en août, Ali Zeidan a fait son grand retour en se faisant élire Premier ministre, le 14 octobre. Il dispose de deux semaines pour former une équipe et s’attaquer aux problèmes de sécurité (démilitarisation des milices, création d’une police et d’une armée nationales) qu’il s’est engagé à traiter en priorité.

Ancien diplomate, il a lâché le régime Kadhafi en 1980 avec Megaryef, alors ambassadeur en Inde. Leurs chemins se séparent quelques années plus tard, quand Zeidan quitte le Front national pour le salut de la Libye, la principale formation d’opposition en exil. En 1989, il fonde la Ligue libyenne des droits de l’homme, dont il sera le porte-parole jusqu’au début de la révolution, en février 2011. Fort de ses réseaux tissés en Europe, il est choisi comme conseiller par Mustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT).

Zéro compromission

Avec Mahmoud Jibril, l’un des leaders du CNT, il sillonne les capitales pour défendre la cause de la rébellion. C’est à ses côtés que s’assied Bernard-Henri Lévy le 10 mars 2011, jour de la première entrevue de Nicolas Sarkozy avec les anti-Kadhafi. Dans La Guerre sans l’aimer, l’écrivain français dresse de lui un portrait flatteur : « Le geste précis. La voix nette et bien timbrée. Le cheveu, grisonnant et ras, dénote une certaine élégance. Il vit en Allemagne […]. Opposant parfait. Zéro contact ni compromission avec le régime. »

Élu en juillet dernier représentant du district de Joufra (centre du pays) au Congrès national général, ce fils de commerçants de l’oasis de Waddan dirigeait jusque-là le Parti de la nation pour le développement et la prospérité, qui n’a pas rejoint, comme on a pu le lire, l’Alliance des forces nationales de Jibril. Ce dernier l’a tout de même soutenu. L’on ne peut donc que s’étonner de voir certains commentateurs dépeindre Zeidan en islamiste, alors qu’il a été élu Premier ministre face à Mohamed Herrari, le candidat des Frères musulmans. Lesquels n’ont pas manqué de l’attaquer pour son « amitié avec le dénommé Henri Lévy »

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