Fermer

Cameroun – Annie Nathalie Natndjang : « Si on est tirés au sort, on part »

Annie Nathalie Natndjang a 28 ans, est mère au foyer et étudiante. © Vincent Fournier pour J.A.

Annie Nathalie Natndjang a 28 ans, est mère au foyer à Douala et étudiante en ­master de management à distance.

« Je me suis mariée à 25 ans et j’ai eu Yannis et Erwan, deux adorables enfants, dit la jeune femme. Reste à trouver du travail pour que mon bonheur soit complet. » Et ce n’est pas gagné. Après une licence en informatique de gestion obtenue à l’Institut panafricain pour le développement-Afrique centrale (IPD-AC), elle n’a rien trouvé. « Je ne comprends pas pourquoi les patrons ne se donnent même pas la peine de répondre aux demandes d’emploi ! » Au bout de quatre années de recherche, elle s’est résolue « à faire [ses] enfants ».

Éric, un professeur d’informatique rencontré à l’IPD-AC, qu’elle a épousé, subvient aux charges du ménage, notamment le loyer de leur appartement de Bonakouamouang, à Douala. « Si nécessaire, j’en appelle à mes frères pour me soutenir financièrement. »

Green Card

En dehors de ses cours par internet, elle s’ennuie. À Douala, « la dernière salle de cinéma a fermé il y a quelques années. Alors je regarde les séries télévisées pour tuer le temps ». En priant pour que les pluies, très nombreuses sur ce port de la façade Atlantique, ne perturbent pas le signal…

La politique ? Annie ne s’y intéresse pas. D’ailleurs, elle n’a jamais voté. Elle n’est même pas inscrite sur les listes électorales. Chaque année, elle tente sa chance à la loterie de la Green Card, qui donne droit à un permis de travail aux États-Unis. Même si Éric considère que quitter le pays n’est plus une priorité. « Mais si on est tirés au sort, on part », tranche-t-elle. 

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici