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Hillary Clinton, la revanche d’une blonde

Au forum de la coopération économique Asie-Pacifique, à Vladivostok, en septembre. © Sipa

Sa popularité est au zénith. Et pourtant, elle s'apprête à quitter le secrétariat d'État. Un coup d'attente avant l'élection de 2016 ?

Elle s’en va. Elle l’a dit, redit, confirmé au lendemain de la réélection de Barack Obama et malgré l’insistance de ce dernier à la conserver à son poste. Au plus tard le 20 janvier 2013, jour de l’investiture présidentielle et sans doute avant, Hillary Rodham Clinton, 65 ans, aura rendu son tablier de secrétaire d’État, en quête de nouveaux horizons mais « toujours prête à servir » les États-Unis d’Amérique. Pour aller où ? « Je veux désormais être moi-même », répond-elle, sibylline. Ce qui semble exclure un nouveau portefeuille au sein de l’administration Obama II – y compris celui de la Défense, pour lequel son nom a parfois été cité et qui pourrait revenir à une autre femme, Michèle Flournoy, ex-porte-parole du candidat et ancienne du Pentagone – mais n’augure en rien une retraite politique, à laquelle personne ne croit.

Dominatrice

En visite à Pékin à la mi-septembre, Hillary a souri quand un haut dignitaire chinois lui a dit : « Vous serez encore jeune quand vous serez élue présidente. » Comme tout un chacun à Washington, l’élément dominant du « power couple » qu’elle forme avec son mari Bill Clinton sait en effet qu’elle figure en tête de liste des favoris du parti démocrate pour l’élection de 2016. En a-t-elle l’envie ? « Non », assure-t-elle. Mais n’est-ce pas à la Maison Blanche que ce « moi-même » qu’elle dit vouloir être désormais pourra enfin s’accomplir ? Une chose est sûre : Hillary Clinton ne s’est jamais vraiment remise de sa déception de 2008, quand « son » parti lui préféra un outsider nommé Barack Obama. Trop dominatrice, trop froide, trop sûre d’elle, trop fascinée par sa personne et par son patronyme, trop favorite, elle est alors tombée de très haut. Par la suite, elle aura été une secrétaire d’État loyale et efficace, parcourant la planète telle une rock star, sans résultats spectaculaires à son actif, certes, mais sans se plaindre des empiétements incessants de la CIA, du Pentagone et, bien sûr, du président. Pendant ces quatre dernières années, assurent ses proches, Mme Clinton n’a jamais cessé de penser qu’elle aurait fait un meilleur chef d’État que Barack Obama, mais pas une seule fois elle ne l’a laissé transparaître. 2016 serait donc pour Hillary une revanche sur son destin contrarié. Reste qu’elle aura alors 69 ans, qu’un autre Obama peut toujours surgir et que rien ne prouve encore qu’elle ait décidé d’être candidate.

Un revenant

En attendant, Washington bruisse de spéculations sur l’identité de son successeur au département d’État. Longtemps en première ligne, l’ambassadrice à l’ONU Susan Rice, fragilisée par l’enquête sur l’attentat contre le consulat américain à Benghazi, est désormais devancée par John Kerry, ancien candidat contre George W. Bush en 2004. Il aurait la préférence d’Obama, mais sa démission de son poste de sénateur du Massachusetts poserait un problème au parti démocrate, qui n’est pas sûr de conserver le siège en cas d’élection partielle. D’où l’idée pas si farfelue de faire appel à un revenant : Colin Powell, 75 ans. Le général à la retraite, qui a déjà occupé le poste sous Bush fils avant de soutenir Obama en 2008 et en 2012, est, dit-on, volontaire pour un rempilage éventuel, même s’il préférerait le Pentagone. Lui au moins n’a jamais rêvé à la Maison Blanche…

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