Fermer

Union africaine : Mahamat Saleh Annadif au chevet de la Somalie

Accusé de complicité de détournement de fonds publics, Annadif a été incarcéré trois mois. © Vincent Fournier / J.A

L'ancien secrétaire général de la présidence du Tchad, Mahamat Saleh Annadif, est revenu en pleine lumière. Le 1er novembre, il a été nommé représentant de l'UA en Somalie. Avec pour mission de mettre le pays des Shebab sur la voie de la stabilité.

Ses ennuis judiciaires ? Il a tourné la page. Le 1er novembre, Mahamat Saleh Annadif, ancien secrétaire général de la présidence du Tchad, a été nommé chef de la Mission de l’Union africaine (UA) en Somalie (Amisom). Un rôle taillé sur mesure pour ce diplomate chevronné de 55 ans, qui fut ministre des Affaires étrangères du chef de l’État Idriss Déby Itno pendant six ans, puis ambassadeur de l’UA auprès de l’Union européenne. Et une nomination qui tombe à pic, au moment où cet ancien ingénieur en télécommunications souhaitait tirer un trait sur sa carrière gouvernementale.

Les défis qui l’attendent à Mogadiscio seront d’un autre ordre. Il devra tenter d’engager l’indispensable et difficile reconstruction de l’État et de l’économie, afin de stabiliser la Somalie, enlisée dans une guerre civile depuis 1991.

Affaire d’État

En acceptant ces nouvelles responsabilités, Annadif veut laisser derrière lui ce qui était très vite devenu une affaire d’État. Arrêté le 17 avril dernier pour « complicité de détournement de fonds publics » appartenant à la direction générale des grands travaux présidentiels, il a été incarcéré trois mois dans les geôles de Moussoro, à 300 km de N’Djamena, la capitale. Clamant son innocence, il a toujours assuré avoir obéi aux ordres de son supérieur hiérarchique, le président Idriss Déby Itno.

Niant tout détournement, il estime avoir été victime d’un complot politique visant à l’écarter. Finalement libéré le 17 juillet par la justice tchadienne pour vice de procédure, Annadif, qui a été reçu par Idriss Déby Itno après sa sortie de prison et qui n’aurait pu être nommé à ce poste sans l’accord de ce dernier, met en cause deux personnes de l’entourage présidentiel. Avant de partir pour Mogadiscio, il envisageait de porter plainte contre eux.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici