RDC – France : Matata Ponyo a sorti le grand jeu

La priorité de l'ancien ministre des Finances : la coopération économique. © J.A

Un mois après le passage de François Hollande à Kinshasa, le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo, en visite à Paris, s'est employé à décrisper l'atmosphère.

Le 14 novembre, un mois jour pour jour après le sommet de la Francophonie à Kinshasa, Augustin Matata Ponyo est arrivé à Paris. Pour le chef du gouvernement congolais, cette visite témoigne « des progrès dans les relations entre la France et la RDC ». Une façon de décrisper l’atmosphère après le passage du président François Hollande dans la capitale congolaise.

L’heure est désormais à l’apaisement. « Je crois qu’il y a eu beaucoup de fantasmes autour des relations franco-congolaises », lâche Yamina Benguigui, la ministre française de la Francophonie, qui a donné un dîner en l’honneur de son hôte le 15 novembre, au Quai d’Orsay, afin de marquer le « début d’une nouvelle histoire » entre Kinshasa et Paris. « Je souhaite que, dans de nombreux domaines, la coopération bilatérale puisse se renforcer et s’affirmer davantage », a-t-elle souligné.

Des progrès "considérables"

Durant les trois jours de sa visite, le Premier ministre congolais a rencontré Jean-Marc Ayrault, son homologue, ainsi que plusieurs membres du gouvernement et du patronat français. « Vos entreprises doivent venir investir au Congo, et si nous vous invitons, ce n’est pas pour que vous ayez des ennuis », leur a-t-il lancé. Mines, forêt, agriculture, industrie, services, télécommunications… Les secteurs porteurs sont légion. Pourtant, le pays figure en 181e position sur 185 dans le classement « Doing Business » 2013 de la Banque mondiale, publié en octobre. « Les évaluations de ce rapport remontent au mois de mai », a commenté Matata Ponyo, qui assure que, « depuis, la RDC a fait des progrès considérables ». Avec notamment sa récente adhésion à l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), un dispositif régional qui « vise à remédier à l’insécurité juridique et judiciaire des États membres ».

L’ancien ministre des Finances a également rappelé les « performances exceptionnelles » de son gouvernement : stabilisation macroéconomique, inflation historiquement basse à 3 % – une première depuis 1976 -, taux de croissance de 7,2 % en 2012, instauration de la TVA, bancarisation des salaires des fonctionnaires… Bref, Matata a sorti le grand jeu. « Les efforts de mon gouvernement pour améliorer le climat des affaires sont réels. Beaucoup d’institutions qualifiées dans ce domaine peuvent en témoigner », a-t-il conclu. Du côté de Bretton Woods, plusieurs experts approuvent le message. « Matata Ponyo est très bien placé pour réussir le pari du développement de la RDC », confirme Serge Michailof, consultant à la Banque mondiale. 

Voir l’interview de Matata Ponyo par Jeune Afrique, le 15 novembre à Paris :