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Arnaud Montebourg, Astérix chez les Maures

Arnaud Montebourg avec le ministre alégien de l'Environnement, le 4 novembre. © Farouk Batiche/AFP

D'Alger à Rabat, Arnaud Montebourg, le défenseur du made in France, a parfois bien du mal à savoir raison garder.

Après avoir fugitivement envisagé de démissionner, Arnaud Montebourg s’est rendu le 2 décembre en Algérie, pays où il a des attaches familiales fièrement revendiquées. Après avoir évoqué son grand-père originaire de la région d’Oran et les « sentiments très forts » qu’il lui inspire, le ministre a surtout fait la promotion de la prochaine visite d’État du président François Hollande. Tout à sa volonté de plaire, il s’est laissé aller à des parallèles hasardeux : « Nous avons, a-t-il estimé, des problèmes similaires. Les économies algérienne et française reposent, l’une en tant que productrice, l’autre en tant que consommatrice, sur les hydrocarbures. » Productrice, consommatrice… La nuance est quand même de taille !

Au Maroc voisin, où il est attendu les 12 et 13 décembre dans le cadre d’une « réunion de haut niveau » dirigée par Jean-Marc Ayrault, Montebourg serait bien inspiré de ne pas se montrer moins diplomate. Et d’éviter, par exemple, les charges protectionnistes contre les délocalisations. L’été dernier, le chevalier de Montebourg avait enfourché son plus fier destrier de pourfendeur de la mondialisation pour s’indigner qu’un marché du Syndicat des transports d’Île-de-France ait pu être attribué au centre d’appels « marocain » Webhelp – en fait, une filiale d’un groupe… français. Le marché a depuis été relocalisé. Président de l’association marocaine de la relation client, Youssef Chraïbi souhaite « dépassionner ce débat ». Sa société, Outsourcia, vient de racheter un centre d’appels à Dreux. Et de sauver ainsi des emplois français.

Petroplus

Pour préserver ceux de la raffinerie Petroplus, le ministre du Redressement productif n’avait pas hésité à démarcher directement la Libyan Investment Authority (LIA) – et à le faire savoir. En vain, puisque le fonds souverain a fini par démentir « les informations rapportées par certains médias concernant [son] intention d’acheter une ancienne raffinerie en France ». Aux dernières nouvelles, une entreprise iranienne, Tadbir Energy, serait sur les rangs des repreneurs potentiels.

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