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Développement régional : Rabat veut mieux faire dans le Sud

Le secteur de la pêche représente 17% du PIB et 35% des emplois locaux. © Vincent Fournier pour J.A.

Les autorités préparent un nouveau plan de développement régional. De quoi donner une vraie substance au projet d'autonomie.

Le 6 novembre dernier, Mohammed VI avait demandé au Conseil économique, social et environnemental (Cese) de préparer un « modèle de développement régional intégré et rigoureux » pour les provinces du Sud. Une commission ad hoc s’est donc attelée à la tâche et vient de produire un rapport préliminaire. Ce document d’une quinzaine de pages a été présenté au roi le 2 janvier par Chakib Benmoussa, le président du Cese, en présence d’Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement, de Mohand Laenser, son ministre de l’Intérieur, et de quatre membres du cabinet royal : Omar Azziman, Zoulikha Nasri, Fouad Ali El Himma et Abdeltif Menouni.

Cette « note de cadrage » livre un premier diagnostic sans complaisance de la situation économique et sociale des provinces sahraouies. Si l’effort d’investissement de l’État du Maroc est patent – ce dont témoigne l’indice de développement humain au Sahara, supérieur à la moyenne nationale -, la région « n’a pas connu de réel décollage économique ». La création locale de valeur ajoutée reste très faible, en dépit d’exonérations fiscales censées encourager l’investissement privé. On est loin du discours lénifiant sur le « bond en avant », ce qui constitue un premier indice du sérieux de la démarche des rapporteurs.

Malgré les investissements, ces provinces ne connaissent pas encore de réel décollage.

Sur le plan social, souligne le document, les provinces sahraouies sont affligées d’un chômage « persistant », touchant plus particulièrement les femmes et les jeunes, de « difficultés de cohésion sociale et d’intégration » alimentant les « tensions sociales ». Une allusion à peine voilée aux incidents de ces dernières années à Laayoune (2005, 2010), Boujdour et Dakhla (2011).

Démarche participative

Bref, le constat invite à repenser en profondeur l’action des services de l’État, dont la « gestion locale reste déterminée par des considérations d’urgence plutôt que par une vision à moyen et long termes ». D’ailleurs, la réflexion engagée par le Cese s’inscrit dans une perspective relativement lointaine mais « réaliste, se situant entre dix et quinze ans ». D’ici à la remise du rapport définitif, prévue en octobre 2013, le Conseil prévoit de rencontrer un large éventail d’acteurs, au-delà des membres du gouvernement, de l’administration territoriale et des présidents des régions et collectivités locales déjà auditionnés ces dernières semaines. Il est ainsi prévu de multiplier les rencontres avec les chioukh (chefs) des tribus, les acteurs économiques et des membres de la société civile, dans une démarche participative.

Au moment où le processus de règlement politique – et notamment les pourparlers directs sous l’égide du représentant onusien, Christopher Ross – semble au point mort, Rabat entend reprendre la main en donnant plus de substance à sa proposition d’autonomie élargie présentée en avril 2007 pour régler le conflit au Sahara occidental. 

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