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Paul Dechamps : « La meilleure publicité est le bouche à oreille »

Le Lycée Molière, crée à Bruxelles par Paul Dechamps, accueille les enfants des plus grandes familles francophones du continent.

Jeune Afrique : Pourquoi avoir créé le Lycée Molière ?

Paul Dechamps : À la fin de mes études, en 1956, j’ai eu d’abord l’idée d’ouvrir « l’école des devoirs », qui existe toujours et qui permet aux parents de faire suivre leurs enfants le soir. Deux années plus tard, j’ai fondé le Lycée Molière.

Quelle place l’Afrique occupe-t-elle à Molière ?

Les Africains représentent une proportion d’à peu près 20 % sur une moyenne de 110 à 120 élèves. Ils cohabitent avec des Ukrainiens, des Russes, etc. En tant qu’ex-colonie belge, le Congo nous a naturellement toujours fourni beaucoup d’élèves.

Avez-vous fondé votre Lycée dans le but de capter ce public ?

Non, pas spécifiquement, il est venu tout seul. La meilleure de nos publicités a été le bouche à oreille. Bruxelles étant la capitale de l’Europe, les représentations diplomatiques africaines y sont nombreuses. Les parents se rencontrent dans des réunions d’ambassade, lors de célébrations de fêtes nationales.

Quel est le profil de vos élèves africains ?

Ils appartiennent au monde politique, diplomatique, ou encore à celui des affaires. Exemple avec la famille Kébé, extrêmement puissante à Dakar. Je m’en souviens parce que j’ai eu sept enfants d’Elhadji Babacar, le pater familias. Ils faisaient sensation lors des bals de fin d’année.

Quels sont les autres noms qui vous reviennent ?

Celui de Kandolo, premier président congolais de la Gécamines, qui m’a confié ses deux filles. Je me rappelle aussi de la fille de Justin-Marie Bomboko, commissaire aux Affaires étrangères sous Mobutu. J’ai également eu la fille du ministre Sakombi. Elle était la seule à venir en BMW au lycée. Le nom Georges Te Litho me revient aussi. Ce neveu de Mobutu était brillant et je crois d’ailleurs qu’il a une très belle situation en Afrique du Sud. Mais étonnamment, le pays dont j’ai eu le plus d’enfants, c’est le Gabon.

Des Bongo ?

Non, mais des gens de l’entourage, c’est certain.

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Propos recueillis par Abdel Pitroipa

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