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Art congolais : au bal masqué des Songyes

Les Songyes (ou Songes) sont un peuple de la province du Kasaï-Oriental, dans le centre de la RDC. © DR

Le chercheur Julien Volper revient sur l'esthétique et la finalité des mystérieux masques des Songyes, un peuple du centre de la République démocratique du Congo.

Qui, enfants, les a vus en garde un souvenir empreint à la fois de terreur et de magie. Les fabuleux masques des Songyes (ou Songes), un peuple de la province du Kasaï-Oriental, dans le centre de la République démocratique du Congo, étaient sortis lors de différentes cérémonies. Détenus aujourd’hui principalement dans des collections privées ou des musées, en Europe ou aux États-Unis, ils ont emporté avec eux tout leur mystère.

Aussi Julien Volper s’est-il employé à interroger ces objets muets, dont l’histoire n’a pas retenu le nom de leurs créateurs, pour saisir leur esthétique, mais aussi leur finalité propre. Au-delà, il interroge également les influences exercées ou subies par les Songyes au contact des différents peuples qui les entourent (Lubas, Tetelas, etc.). Replacé dans son contexte socioculturel, même si les anciens ne sont plus là pour apporter leur précieux éclairage, l’art du kifwebe (terme générique utilisé par les chercheurs, peut-être abusivement, pour désigner le masque chez les Songyes), tout en symboles, livre une part de cette magie qui enchante en même temps qu’elle effraie.

Point de départ

Le mérite des concepteurs de ce travail est d’avoir réussi à interpréter des objets sur lesquels les données sont rares. Ils se sont essentiellement fondés sur un masque exposé au Seattle Art Museum, aux États-Unis. « Relancer l’étude de ces masques en gravitant autour de l’exemplaire de Seattle est particulièrement important à plusieurs égards : […] il a conservé le plus d’éléments de son costume d’origine ; […] il est particulièrement le plus remarquable, au point de vue plastique, des masques ronds à stries connus. […] C’est le seul pour lequel nous possédons un document de terrain important : une photographie », indique l’auteur.

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