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Maroc : Cheikh Sar, rappeur persifleur

Capture d'écran de la vidéo "Wa Hiya Benkirane" de Cheick Sar, sur Youtube. © J.A.

Jusque-là partisan du PJD, l'artiste marocain Cheikh Sar déchante. Il dénonce désormais l'immobilisme du gouvernement Benkirane.

La vidéo Wa Hiya Benkirane (« Hé Benkirane ! » voir ci-dessous) est apparue sur YouTube le 6 janvier. Largement reprise sur les réseaux sociaux, elle totalise déjà des dizaines de milliers de vues. Sur l’air de la célèbre chanson de pop coréenne Gangnam Style, elle apostrophe le chef du gouvernement marocain : « Hé Benkirane, Benkirane ! Agis ! Trouve une solution, montre-nous ce que tu sais faire ! Épate-nous ! Ça fait longtemps qu’on attend le changement, mais on ne voit rien venir ! »

Un an après la victoire électorale du Parti de la justice et du développement (PJD), c’est son leader qui est directement visé. « Allez Benkirane ! Le peuple t’a choisi, tu es responsable maintenant ! Débrouille-toi, tu t’es mis dans le pétrin tout seul ! Prépare-toi à l’opposition ! Hé le populiste ! » Cheikh Sar, qui moque aussi la métamorphose des islamistes, passés « de la djellaba à la cravate », ne s’est pas toujours opposé à eux.

"Muslim forever"

Au contraire, ce rappeur originaire d’Errachidia était, en novembre 2011, la coqueluche des meetings électoraux du PJD. À l’époque, il chauffait les salles pour les candidats barbus et appelait les jeunes à voter pour le changement. Au printemps 2012, arborant un tee-shirt « Muslim Forever », il lançait dans sa ville une opération de sensibilisation contre la « dissolution des moeurs ». Son arme ? Des flyers porteurs d’un sermon : « Ma soeur ! Je veux ton bien ! Demain, tu vas mourir. Sauve ton âme du Jugement ! Le changement est possible, dès maintenant. Signé : un bienfaiteur. » L’initiative n’avait pas fait grand bruit, mais elle semblait en phase avec les précédentes déclarations de Cheikh Sar. Jusqu’en octobre dernier, le jeune homme affichait un soutien sans fard au gouvernement dans sa chanson Benkirane est responsable ! Tu m’as compris ou pas ?, en référence à un tic de langage de l’intéressé. Abdelilah Benkirane, qu’il critique maintenant, avait reconnu son talent, lui remettant même un prix, en décembre 2011 : « Tu dis que c’est un honneur pour toi d’être en présence du chef du gouvernement. Moi, je te dis que je suis honoré de te connaître. » C’était avant.

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