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Guerre au Mali : les unités d’élite du Tchad

Des soldats tchadien en 2009. © AFP

Le président tchadien, Idriss Déby Itno, doit envoyer au Mali plus de 2 000 soldats réputés aguerris et très bien entraînés. Habitués au combat dans les dunes, ces méharistes peuvent faire la différence.

Fait exceptionnel : le 16 janvier à N’Djamena, c’est par un vote unanime que les députés tchadiens ont approuvé l’envoi de troupes au Mali. Si Idriss Déby Itno tient ses objectifs – un déploiement de plus de 2 000 hommes -, le Tchad sera la deuxième puissance combattante derrière la France. « C’est une projection qui se fait sur 3 000 km. Donc je ne peux pas m’amuser à envoyer une petite unité qui, sans renfort, va être avalée », souligne le président tchadien, qui ne sous-estime pas l’ennemi.

Pour ouvrir un deuxième front contre les jihadistes du Nord-Mali, les Tchadiens se sont déployés au Niger, entre Niamey et la frontière malienne, aux côtés de l’armée nigérienne et des quelque 500 à 700 Touaregs maliens du colonel Ag Gamou qui sont restés fidèles à Bamako. Face aux colonnes jihadistes, N’Djamena joue la mobilité. D’où l’envoi par avions gros porteurs et par la route de dizaines de blindés à roues, qui seront appuyés par des hélicoptères de combat (MI-17 et MI-24), et d’une escadrille de six avions d’attaque Soukhoï-25.

Revanche à prendre

Mais l’ancien « comchef » Idriss Déby Itno parie surtout sur le savoir-faire de ses unités d’élite, qui ont fait leurs preuves contre l’armée libyenne (1986-1987), puis en Centrafrique (1997, 2003) et à N’Djamena même, en 2008, face aux rebelles tchadiens venus du Soudan. Les 500 hommes de la puissante garde présidentielle formeront certainement le fer de lance de ce contingent. Beaucoup d’éléments de cette garde appartiennent, comme le chef de l’État tchadien, à la communauté zaghawa du nord-est du pays.

Le chef du contingent, le général Oumar Bikomo, sera plutôt basé à Bamako, auprès du commandement unifié. Le numéro deux, le général Abderrahmane Youssouf Meïri, dirigera sans doute les opérations sur le terrain. L’officier s’est formé sur le tas, au Tibesti et lors de la dernière grande bataille de 2008. En 2004, c’est lui qui a affronté durement les éléments du chef islamiste algérien Abderrazak el-Para, aux confins du Tchad et du Niger. Les Tchadiens avaient subi beaucoup de pertes. Aujourd’hui, le général Meïri a une revanche à prendre.

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