Fermer

Bénin : Boni Yayi gracie deux personnes condamnées pour offense au chef de l’État

Le président béninois, Boni Yayi. © Vincent Fournier/J.A.

Condamnés à la fin de janvier pour offense au chef de l'État béninois, Lionel Agbo et Berthe Cakpossa ont finalement été graciés, jeudi 31 janvier, par Boni Yayi.

Lionel Agbo et Berthe Cakpossa ont été graciés par le président Boni Yayi. « Dans un souci d’apaisement,le président de la République (…) a décidé de retirer sa plainte et d’accorder (à Lionel Agbo) son pardon et sa grâce conformément aux prérogatives que lui confère la Constitution », indique un communiqué de la présidence publié jeudi 31 janvier. « Cette mesure s’étend également à Madame Berthe Cakpossa, directrice de Canal 3 », précise le communiqué.

Fin janvier, la justice béninoise avaient condamné ces deux personnalités pour offense au chef de l’État – la première étant accusée d’avoir diffusé les propos de la seconde.

L’affaire remonte à septembre dernier. Lionel Agbo n’est plus porte-parole du gouvernement, ni conseiller spécial du président Boni Yayi. Avocat pénaliste, plusieurs fois candidat à la présidentielle, il tient une conférence de presse et ne mâche pas ses mots quand il accuse une partie des collaborateurs du chef de l’État d’être corrompus.

Inquiétudes pour la liberté de la presse

« Dans ce palais que je connais, lance-t-il aux journalistes, il y a des hommes et des femmes qui ont fait fortune. Un petit groupe est devenu milliardaire, et le chef de l’État sait que je sais qu’il sait. » Le tribunal de première instance de Cotonou l’avait condamné, le 23 janvier, à six mois de prison ferme.

Une semaine plus tôt, la même Cour avait reconnu Berthe Cakpossa, la directrice de la chaîne de télévision privée Canal 3, à trois mois de prison ferme et 500 000 F CFA d’amende (762 euros). Son tort ? Avoir diffusé l’intégralité de la conférence de presse de Lionel Agbo. Brice Houssou, le président de l’Union professionnelle des médias, s’était dit inquiet pour la liberté de la presse au Bénin. Il craignait que les journalistes ne puissent enquêter sur les accusations de corruption.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici