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Armée tchadienne : Mahamat Idriss Déby Itno, un monsieur très discret

Le général à Kidal (Mali), le 4 février. © DR

Mahamat Idriss Déby Itno, le fils du président tchadien, a été nommé commandant en second des Forces armées de son pays au Mali. Mais il en est le chef officieux.

« Ce n’est pas un fils à papa. Il est poli et respectueux », dit l’un de ses anciens tuteurs. « Sur le terrain, il fait l’effort de ne pas apparaître comme le vrai chef pour ne vexer personne », précise un reporter qui l’a croisé à Kidal il y a peu. Mahamat Idriss Déby Itno, 29 ans, est un homme discret. Au téléphone, il répond par des phrases courtes. « Vous êtes toujours à Aguelhok ? – Je suis en mouvement. » Puis, d’un ton amusé : « Mais vous êtes bien curieux ! »…

Jusqu’à sa nomination, fin janvier, au poste de commandant en second des Forces armées tchadiennes en intervention au Mali (Fatim), le benjamin des généraux tchadiens était moins connu que son frère, Zakaria Idriss Déby Itno, directeur adjoint du cabinet civil à la présidence. Mais son père a toujours veillé sur lui. C’est la mère du chef de l’État qui l’a élevé. D’où son surnom : Mahamat Kaka – kaka signifiant « grand-mère » en arabe tchadien. Le jeune homme a d’abord suivi les cours du Groupement des écoles militaires interarmées du Tchad. Puis il s’est inscrit en France, au lycée militaire d’Aix-en-Provence – où il n’est resté que trois mois. Dès son retour au pays, son père l’a versé dans la Direction générale de service de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), la garde présidentielle.

Coup double

Un fait d’armes ? Am-Dam, en mai 2009. Le jeune officier a participé à la victoire finale contre les rebelles de Timane Erdimi, dans l’est du Tchad. Dès 2010, il a reçu, au sein de la DGSSIE, le commandement de l’escadron blindé et des gardes du corps. Un poste de confiance. Aujourd’hui, dans le Nord-Mali, il est sous les ordres du général Oumar Bikomo, le chef des Fatim. Mais il téléphone à son père tous les jours. « Avec Mahamat au front, Idriss fait coup double, explique un familier du chef de l’État. Il montre qu’il s’implique personnellement dans cette affaire, et il donne à son fils la chance de s’aguerrir au contact des militaires français. »

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