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Centrafrique : Bozizé reprend la main

Le président centrafricain François Bozizé. © SIPA

Affaibli par une rébellion il y a encore quelques semaines, le président François Bozizé a su rebondir. Et imposer ses hommes à des postes clés dans le nouveau gouvernement d'union nationale.

Sorti grand vainqueur du gouvernement d’union nationale formé le 3 février, François Bozizé a envoyé un message clair à ceux qui le croyaient affaibli par les accords de Libreville, signés le 11 janvier : le chef, c’est lui.

Contre toute attente, le président centrafricain semble avoir pris l’ascendant sur Nicolas Tiangaye, son ex-opposant et désormais Premier ministre et ministre des Finances. Ainsi, la liste gouvernementale qu’il a publiée avec la bénédiction du médiateur congolais Denis Sassou Nguesso diffère-t-elle de celle que lui avait soumise Tiangaye deux jours plus tôt. Ce dernier souhaitait à l’origine constituer une équipe de 24 membres ; le nouveau gouvernement en compte finalement 33, dont 13 sont acquis à la majorité présidentielle. Deux postes de vice-Premier ministre, 1 poste de ministre d’État et 7 postes de ministres délégués ont également été créés.

Habilement, Bozizé a placé des proches à des portefeuilles stratégiques, avec rang de ministre délégué. Ainsi, à la Défense, le général Antoine Gambi (ex-chef de la diplomatie) sera chargé de surveiller de près Michel Dotodjia, le ministre en titre et par ailleurs leader de la Séléka (coalition rebelle). Dieudonné Tokofeïssé, ancien directeur de cabinet du ministre sortant Albert Besse, secondera Tiangaye aux Finances.

Faïence

Au sein de la nouvelle équipe, où on se regarde en chiens de faïence, le président s’est constitué une véritable garde rapprochée. Ainsi, le colonel Anicet Parfait Mbaye, l’un des vice-Premiers ministres, fait partie des militaires qui l’avaient aidé à prendre le pouvoir en 2003. Chargé du développement des Transports dans le gouvernement sortant, il s’occupe à présent des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Francophonie. Quant à l’ancien Premier ministre, Énoch Dérant Lakoué, désormais ministre d’État chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération, réputé très proche du président congolais Sassou Nguesso, il est originaire de Bossangoa (Nord-Ouest), comme Bozizé. « Depuis les accords de Libreville, le président a repris du poil de la bête, commente un diplomate en poste à Bangui. On l’a sans doute sous-estimé et trop vite enterré. » 

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