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Les militaires tchadiens, experts du désert

Filant le vieil adage qui veut que l’on sache se faire désirer, Idriss Déby Itno a pris son temps pour annoncer qu’il envoyait ses soldats sur le front malien. Au fil du temps, la mobilisation de ces « experts du désert » habitués aux combats dans les dunes – et formés, pour une partie d’entre eux, par les Français -, ces « soldats valeureux et durs au mal », selon un officier ouest-africain, qui ont fait leurs preuves en contrant l’armée libyenne dans les années 1980 et les rebelles en 2008, cette mobilisation était devenue, aux yeux de nombre d’observateurs – et de Paris -, indispensable. « On ne s’était pas trompés, glissait un officier français plus de un mois après le début de l’opération Serval. Les Tchadiens sont de bons soldats. De loin les plus opérationnels parmi les troupes africaines qui sont au Mali. »

Il faut dire que Déby n’a pas fait les choses à moitié : avec plus de 2 000 hommes déployés, parmi lesquels ses meilleurs éléments dont les membres de la garde présidentielle, le Tchad fournit la force étrangère la plus importante après la France (4 000 hommes), loin devant le Nigeria (1 200). D’abord massés au Niger, 1 800 soldats tchadiens ont pénétré en terre malienne le 27 janvier. Après une brève escale à Gao, ils ont vite filé plus au nord, à Kidal, à Tessalit et dans le massif de Tigharghar, où ils ont subi de lourdes pertes le 22 février. Leur mission est claire et montre l’estime que leur porte l’état-major français : combattre avec les forces françaises au plus près de la ligne de front. Pendant ce temps, les autres forces de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma, dont le Tchad ne fait pas partie) restent cantonnées dans le sud du pays. 

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Par Rémi Carayol, envoyé spécial au Mali

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