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Pape François : des jésuites africains surpris, mais aux anges

Le pape François le 22 mars 2013 au Vatican. © Tony Gentile

Les jésuites d'Afrique ont été surpris comme tout le monde par l'élection du pape François. Et ils ne cachent pas leur joie.

Après l’accession d’un de leurs compagnons au siège de Pierre, le pape François, les jésuites africains n’ont pas caché leur étonnement. « C’est une grande surprise, une joie… et en même temps un défi pour la Compagnie. Désormais on va être sur la sellette », a réagi le père Rigobert Kyungu, originaire de Lubumbashi, en RDC. Même surprise pour le politologue burkinabè Brice Bado. « Je ne m’attendais pas à un pape jésuite, car, selon nos voeux, nous ne devons pas devenir évêques ou archevêques, à moins d’y avoir été contraints par le pape lui-même », signale-t-il.

Les jésuites, dont l’ordre a été fondé par Ignace de Loyola, sont connus pour leur discernement et leur vie fondée sur la prière, l’accompagnement spirituel et l’engagement dans la société, où ils sont actifs comme professeurs, médecins, gestionnaires, journalistes ou travailleurs sociaux. Parmi les figures actuelles de la congrégation, on peut citer l’universitaire camerounais Ludovic Lalo, qui ne mâche pas ses critiques à l’égard des évêques trop proches du pouvoir, l’écrivain et professeur nigérian Emmanuel Orobator ou encore l’exégète Paul Béré, basé à Abidjan et remarqué lors des trois derniers synodes au Vatican.

Enseignement supérieur

« Nous sommes environ 1 500 jésuites en Afrique, notamment en RDC et en Côte d’Ivoire », indique Rigobert Kyungu. « Sur le continent, nous mettons particulièrement l’accent sur l’enseignement supérieur, avec des établissements implantés à Nairobi, Abidjan ou Yaoundé, lesquels sont soutenus par les universités jésuites américaines comme Georgetown, à Washington », ajoute le politologue Brice Bado.

Présente en Afrique depuis 1548, la congrégation est aussi engagée auprès des réfugiés et des migrants, grâce au Jesuit Refugee Service (JRS), actif dans seize pays, ainsi que dans la lutte contre le sida, avec le réseau Ajan, qui fédère les initiatives auprès des malades. « Avec l’élection du pape François, attaché à la lutte contre la pauvreté, cette dimension sociale se trouvera certainement renforcée », assure Brice Bado. 

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