Fermer

Cinéma : « Kinshasa kids », un hymne à la liberté

Affiche du film "Kinshasa Kids". © DR

"Kinshasa Kids", de Marc-Henri Wajnberg, plonge le spectateur dans le quotidien d'enfants des rues de Kin accusés de sorcellerie. Parmi eux, huit laissés-pour-compte parviennent à former un groupe musical.

La première scène du film est impressionnante. On y voit des enfants en pleurs, épouvantés, subir une terrible séance d’exorcisme collectif sous les yeux de leurs parents ou de proches en transe. Si ceux-ci les ont amenés dans ce véritable lieu de supplice afin si possible de les « désenvoûter » au cours de la cérémonie, c’est parce qu’ils accusent ces enfants des rues, ou « shégués », d’être des enfants sorciers, et par là même la cause des problèmes rencontrés par leur entourage. Mais l’une des victimes de ces pratiques cruelles, le petit José, va réussir à s’enfuir et entraînera à sa suite le spectateur dans les rues de Kinshasa, où il va rejoindre l’une de ces bandes de jeunes qui comme lui sont désormais sans famille.

Papa Wemba

Tourné le plus souvent à la manière d’un documentaire, bien qu’il s’agisse pour l’essentiel d’une fiction, Kinshasa Kids s’attache aux pas du groupe de huit « shégués » qui a « adopté » José. Vivant de rapines ou de petits travaux au marché, ces enfants rêvent de former un groupe musical. Leur rêve deviendra réalité grâce au lunaire « Bebson de la rue », un rappeur et guitariste mystique et incontrôlable qui s’improvise manageur et leur permet de se produire lors d’un étonnant concert en plein air qui donne au film des airs de remake du célèbre long-métrage sur Staff Benda Bilili.

Kinshasa kids, dans lequel le maître de la rumba Papa Wemba lui-même fait une apparition, tient ainsi à la fois du reportage sur la vie de ces enfants des rues – ils seraient au moins 25 000 – et des « gens de peu » dans la capitale de la RDC, et du film musical. À la fois cri de révolte, hymne à la liberté et improvisation joyeuse. Sympathique et tonifiant. 

 Bande annonce de "Kinshasa kids"

_________

– "Kinshasa kids", de Marc-Henri Wajnberg, en salle le 3 avril.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici