Quiz musique : immortel Fela

Fela Kuti. © AFP

Un musée, une comédie musicale, une musique qui conquiert le monde... L'héritage du Black President n'a jamais été aussi vivant. Participez à notre quiz et gagnez des places pour la soirée "Saluting black president Fela Kuti" à la Bellevilloise (Paris), le 16 mai.

Voilà quinze ans que Fela Anikulapo Kuti est mort, et pourtant il n’a jamais semblé aussi vivant ! Son nom est encore scandé lors des manifestations contre la politique du gouvernement. Ses fils Femi et Seun entretiennent le mythe au travers de leurs oeuvres musicales respectives, et sa fille Yeni s’occupe du patrimoine laissé par le chanteur. Mais que reste-t-il de l’héritage culturel, politique et social de l’inventeur de l’afrobeat ?

>> Voir un extrait du concert de Fela au Zénith de Paris, en 1984.

Que penserait aujourd’hui Fela de voir sa musique jouée à travers le monde, de la France au Japon en passant par le Canada ? L’afrobeat ne s’est jamais aussi bien porté, notamment grâce au travail de Femi et de Seun et à leur riche carrière internationale. Invités dans tous les grands festivals, ils ont pris la succession avec brio. Âgé de 30 ans, le cadet, Seun, joue toujours en compagnie du dernier groupe de son père, les Egypt 80, et s’est imposé, en seulement deux albums, comme l’un des leaders du mouvement avec des textes contestataires que le Black President en personne n’aurait pas reniés.

Femi Kuti, lui, continue de perpétuer la tradition de son côté avec des albums récompensés à travers le monde entier. Après avoir voulu dépoussiérer l’afrobeat en lui amenant quelques sonorités occidentales, il revient à l’âge de 50 ans à un afrobeat de plus en plus radical, comme le prouve son dernier opus, No Place for My Dream (lire ci-contre). Il est aussi celui qui a pris l’initiative de reconstruire le Shrine, ce haut lieu mythique des nuits chaudes de Lagos. Aujourd’hui, en plus d’être une prestigieuse salle de concert où le saxophoniste se produit tous les dimanches lorsqu’il n’est pas en tournée, le Shrine est aussi un centre social où l’on prodigue des cours de lecture et d’écriture, où l’on accompagne la population pour remplir des papiers administratifs, où l’on parle de la prévention des nombreuses maladies endémiques et où l’on permet aux voisins d’obtenir des petits boulots leur permettant de survivre dans l’enfer de la ville. Bien que lieu d’utilité publique, il est encore de temps à autre mis à sac par le régime en représailles de paroles jugées trop vindicatives.

Yeni, l’aînée de la fratrie, n’est pas en reste. Pour entretenir la mémoire de son père, elle a transformé son dernier domicile en un musée consacré à la vie et à l’oeuvre de Fela. Le gouvernement a octroyé une subvention de 200 000 euros pour réaliser le Kalakuta Museum. On y trouve des tenues de scène, sa chambre à coucher ainsi que plusieurs objets ayant appartenu à la star africaine.

Réédition

Pour les 75 ans de sa naissance, qui seront célébrés en octobre, les trois héritiers officiels, Femi, Yeni et Kunle Kuti, ont permis que soit réédité début mars l’ensemble de l’oeuvre considérable de leur père (quelque 50 albums augmentés chacun de livrets écrits par l’historien de l’afrobeat Chris May chez Knitting Factory Records). Une compilation, The Best of the Black President 2, est sortie en plusieurs éditions, dont une indispensable comprenant un DVD de son concert au festival de Glastonbury, en 1984. On attend pour la fin de l’année un documentaire sur le pape de l’afrobeat par Alex Gibney alors qu’un second est en cours de réalisation sous la direction de Steve McQueen. Enfin, on annonce le départ en tournée mondiale de la comédie musicale Fela ! qui passera par l’Australie et le Japon avant de se rendre quelque temps en Afrique, probablement au Nigeria, au Ghana, au Kenya et en Afrique du Sud.