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Union africaine : Dlamini-Zuma et son cabinet fantôme

La présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma. © Alexander Zemlianichenko/AP/Sipa

Nkosazana Dlamini-Zuma a mis sur pied un shadow cabinet d'une trentaine de membres qui détient le vrai pouvoir. Des conseillers dont les postes ne sont pas prévus par les textes de la Commission de l'Union africaine...

Il y a quelques mois, Nkosazana Dlamini-Zuma avait surpris son monde en nommant un francophone – le Burkinabè Jean-Baptiste Natama – à la tête de son cabinet. « Volonté d’apaisement après la bataille contre le Gabonais Jean Ping pour la présidence de la Commission de l’UA », avait à l’époque analysé un connaisseur du marigot panafricain. « La vérité, explique aujourd’hui un diplomate d’Afrique centrale en poste à Addis-Abeba, c’est qu’il existe un autre cabinet, un shadow cabinet d’une trentaine de membres. Ils ont des bureaux au siège de l’UA et sont directement payés par Pretoria. Ce sont eux qui détiennent le vrai pouvoir. »

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Un expert en questions de sécurité le confirme : « Dlamini-Zuma s’est entourée de conseillers dont les postes ne sont pas prévus par les textes de la Commission. Certains ont du mal à l’accepter, et un clash a récemment opposé Natama au chief of staff de l’ombre, Baso Sangqu, un ancien représentant de l’Afrique du Sud à New York. » Ce cabinet fantôme comprend une majorité de Sud-Africains, mais aussi des ressortissants de pays d’Afrique australe (Botswana, Zimbabwe et autres) que Dlamini-Zuma a nommés pour les remercier de l’avoir soutenue face à Ping. « Un double problème se pose : celui de leur légitimité et celui de leur indépendance vis-à-vis de Pretoria », conclut notre expert.

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