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Rien ne va plus entre Thomas Boni Yayi et Léhady Soglo

Boni Yayi (à g.) et Léhady Soglo étaient alliés depuis 2011. © Vincent Fournier pour J.A. et Agnancaja/Apanews

Boni Yayi et Léhady Soglo s'étaient alliés au lendemain de l'élection présidentielle de 2011. Aujourd'hui, rien ne va plus entre eux et leurs proches. Objet de la discorde : le projet de révision constitutionnelle.

La lune de miel entre Thomas Boni Yayi, le chef de l´État, et Léhady Soglo, le leader du parti Renaissance du Bénin (RB), a fait long feu. Souvenez-vous : au lendemain de la présidentielle de 2011, le premier avait obtenu un rapprochement avec la RB – membre de L´Union fait la nation (UN), la coalition d´opposition du second. Un accord était conclu : en échange de la nomination d´un ministre issu de la RB, le parti de Léhady acceptait de mettre à la disposition de Yayi ses neuf députés afin de lui donner une majorité au Parlement. Mais depuis ces dernières semaines, les tensions sont perceptibles : ne supportant plus le silence de la RB sur le dossier brûlant de la révision de la Constitution, des membres de la famille présidentielle ont sonné la charge.

Dénoncé par les proches du président

Ainsi, le 14 juillet, alors qu´il plantait des arbres avec Boni Yayi à Abomey-Calavi (banlieue nord de Cotonou) dans le cadre du projet « 9 millions d´âmes, 9 millions d´arbres », Marcel de Souza, ministre du Développement, tirait le premier, qualifiant de « calamiteuse et hasardeuse » la gestion des Soglo à la mairie de Cotonou. Nicéphore, ancien président de la République, en est le maire, tandis que Lehady, son fils, est son premier adjoint. Le 20 juillet, Parfait Houangni, un député transfuge de la RB, crée son parti dans la région d´Abomey, fief des Soglo, arguant vouloir être plus proche des aspirations du président Boni Yayi. « Nous acceptons de l´accompagner dans sa volonté de réviser la Constitution pour le bonheur des Béninois. »

Boni Yayi est-­il à la manoeuvre ? Il n´en est rien, assure-­t­-il à Léhady Soglo, le 23 juillet, lors d´une réunion avec son bureau politique. Pourtant, le lendemain, Blaise Ahanhanzo ­Glèlè, seul ministre de la RB au gouvernement (mis en examen dans le scandale de corruption de la construction du siège du Parlement à Porto­-Novo) déclare, lors d´un meeting à Abomey, être favorable à la révision constitutionnelle… Un camouflet de plus pour Léhady. « Comment interpréter le silence du président de la RB sur la révision de la Constitution ? » s´agace un conseiller du chef de l´État, qui prévient : « S´il ne s´exprime pas clairement, nous pourrions barrer la route de la mairie de Cotonou à la famille Soglo » lors des prochaines élections municipales (prévues à la fin de l´année) en présentant des candidats membres de la majorité présidentielle.

Du côté de la RB, on prépare la riposte. Selon des sources proches du parti, des membres du bureau politique préparent pour la mi­-août une déclaration visant à obliger Léhady à prendre une position officielle contre la révision et à prononcer de ce fait son retrait de la mouvance présidentielle.

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