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Dans les coulisses du Sénat camerounais

Première séance au Palais de verre, à Yaoundé, le 14 mai 2013. © Jean-Pierre Kepseu

Depuis fin mai, la Chambre haute siège enfin. Reste à savoir si ses membres sauront faire bouger les choses.

Depuis le 14 mai, jour d’ouverture de la session, le Cameroun a un Sénat. La révision constitutionnelle de 1996 prévoyait un Parlement bicaméral, mais il aura fallu attendre dix-sept ans pour que la Chambre haute soit créée. Le premier scrutin indirect de l’histoire du pays, destiné à pourvoir 70 des 100 sièges de la nouvelle assemblée pour cinq ans, s’est déroulé le 14 avril 2013. Les candidats du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) ont obtenu 56 sièges, soit la totalité de ceux à pourvoir pour les régions Centre, Est, Extrême-Nord, Littoral, Nord, Nord-Ouest, Sud et Sud-Ouest. Les 14 restants ont été remportés par les listes du Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition, qui a, lui, raflé la totalité des sièges à pourvoir au suffrage universel indirect dans les régions de l’Ouest et de l’Adamaoua.

Des réformes audacieuses : la dépénalisation de l’homosexualité

Les 30 sénateurs nommés ont été désignés par décret présidentiel le 8 mai. Parmi eux, 26 appartiennent à la mouvance présidentielle (anciens ministres, hauts commis de l’État, chefs traditionnels). Les sièges restants ont été répartis entre les représentants de 4 partis concurrents et néanmoins alliés du RDPC, dont aucun candidat n’avait été élu le 14 avril : Pierre Flambeau Ngayap, le secrétaire général de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP, pour le Littoral), Dakolé Daïssala, le président du Mouvement des républicains (MDR, pour l’Extrême-Nord), Hamadou Abbo, du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC, pour le Nord), et Marlyse Aboui, de l’Alliance nationale pour la démocratie et le progrès (ANDP, pour l’Est)… Des nominations qui ont permis de porter de 2 à 6 le nombre de partis représentés à la chambre.

Ce premier hémicycle sénatorial se caractérise par la présence de 14 chefs traditionnels (4 élus, 10 nommés), sultans et rois souvent venus d’un autre âge, qui tous soutiennent le parti au pouvoir. Un paramètre qui fait craindre que des pesanteurs conservatrices règnent sur la législature, alors que le pays est pressé d’engager des réformes sociétales audacieuses, à l’instar de la dépénalisation de l’homosexualité ou de l’évolution du droit de la famille. Portraits de celles et ceux qui pourraient faire bouger les lignes… ou ne le feront certainement pas.

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