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Médias : la presse et l’histoire du Congo

L'explorateur et journaliste Henry Morton Stanley. © AFP

Dans un essai original, Jean-Chrétien Ekambo analyse la portée des articles de presse sur le cours de l'histoire congolaise.

Tout le monde connaît Henry Morton Stanley, cet explorateur britannique qui se rendit en Afrique centrale dans les années 1870. La première fois, il va à la recherche du pasteur David Livingstone. La seconde fois, en traversant l’Afrique équatoriale d’est en ouest, il tombe sur l’embouchure du fleuve Congo. Mais Stanley était d’abord journaliste, envoyé spécial du New York Herald puis du Daily Telegraph de Londres. Il rédigea un grand reportage sur sa descente du fleuve, qui captive les géographes et les dirigeants du monde, dont le roi des Belges, Léopold II, qui le recrute.

Les faits racontés de façon plate

Revisiter l’histoire du Congo à travers le travail des journalistes, tel est le défi que s’est lancé Jean-Chrétien Ekambo, professeur à l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (Ifasic) de Kinshasa. "En lisant des livres consacrés à l’histoire de la République démocratique du Congo, je me suis rendu compte que les faits sont racontés de façon plate, sans perspective particulière. Ensuite, j’ai rencontré beaucoup d’aînés journalistes qui ont joué un rôle fondamental dans l’éveil des consciences, mais ils sont tombés dans l’oubli. Ces deux constats m’ont amené à aborder l’histoire de mon pays sous cet angle", explique Jean-Chrétien Ekambo.

Certains parmi ces héros méconnus n’étaient pas des journalistes professionnels, mais ils avaient la passion d’écrire. Leur ambition : réveiller "les masses arriérées des indigènes", comme disaient les Belges. "Dans le contexte colonial, ils ont plus influencé la petite élite qui montait. Celle-ci, à son tour, a essayé de transmettre la dynamique du changement à la masse", ajoute Jean-Chrétien Ekambo. Moments importants : l’article de Paul Lomami-Tshibamba dans le deuxième numéro du journal La Voix du Congolais, en 1945, avec une question : "Quelle sera notre place dans le monde de demain ?", et le manifeste publié en 1956 par le périodique catholique Conscience africaine. Et puis, parmi les journalistes les plus en vue à la veille de l’indépendance, un certain Joseph-Désiré Mobutu, rédacteur en chef d’Actualités africaines, qui sera plus tard… chef de l’État.

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