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Peinture : le style africa pop de Vincent Michéa

"Je ne pense qu'à ça", de Vincent Michéa. © Vincent Michéa/Galerie Cécile Fakhoury

Le peintre français Vincent Michéa, installé à Dakar depuis 1986, expose pour la première fois à Abidjan, jusqu'au 16 novembre à la galerie Cécile Fakhoury. Ambiance pop art acidulée.

Une photo de Kwame Nkrumah et de la femme de Sékou Touré dansant ensemble transformée en peinture pop. Des clichés de Dakar en noir et blanc recolorisés. Une image d’un couple africain découpée dans un vieux magazine, devenue un grand tableau sur fond jaune, où les personnages sont peints à l’aide de milliers de points noirs. Le peintre français Vincent Michéa (50 ans) réinvente et retape les images qu’il a pu collecter tout au long de sa vie.

Le rendu est simple et attirant. "Je peins ce que j’aime sans trop me poser de questions sur la cohérence de mon travail. Ma peinture est assez facile d’accès, sans abstraction. On ne me pose pas la question de savoir ce que j’ai voulu dire", souligne l’artiste qui a exposé pour la première fois en 1987, à la galerie nationale de Dakar. Arrivé en 1986 dans la capitale sénégalaise en tant que graphiste, c’est un ami qui le pousse à montrer son travail au public.

Une installation conçue comme une palette de couleurs

Résultat, beaucoup de couleurs vives, et des gros points noirs "apposés comme un filtre qui trouble la réalité", souligne Julie Diabira, de la galerie Cécile Fakhoury, où il expose jusqu’au 16 novembre. Ainsi, jugeant trop fade sa peinture d’un immeuble de la gendarmerie dakaroise – un building blanc immaculé sur fond orange -, la retravaille-t-il en y ajoutant ces petites touches noires, créant de la sorte de la profondeur. Peintre, graphiste, collectionneur de disques de musique africaine des années 1950, contemplateur de Dakar, Vincent Michéa – qui a par ailleurs rendu hommage, dans un travail non exposé, aux grands noms de la musique africaine des années 1960-1970 comme l’Ivoirien Ernesto Djédjé – se voit comme un chanteur de variétés, capable d’emprunter différents répertoires. Raison pour laquelle il a aussi fixé au mur de la galerie des rangées de vinyles dont les pastilles revêtent différents coloris. Une installation réalisée il y a vingt ans et conçue comme une palette de couleurs. Pour la première fois, l’artiste expose également une série de photomontages qu’il n’avait pas vraiment osé montrer auparavant. On peut y voir des collages de personnages hybrides, moitié humains, moitié matériaux, scindés par une épaisse ligne noire.

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