Côte d’Ivoire : Sabri Lamouchi, le souffre-douleur

Sabri Lamouchi, le sélectionneur français des Éléphants. © Armando Franca/AP/Sipa

Il a qualifié la Côte d'Ivoire pour la Coupe du monde. Pourtant, une partie de la presse et des supporteurs réclament son départ.

Il y a ceux qui savourent leur qualification pour la Coupe du monde 2014… et il y a la Côte d’Ivoire, occupée à débattre du sort de son sélectionneur. Depuis sa nomination en mai 2012, Sabri Lamouchi (42 ans) est la cible préférée d’une partie de la presse locale et des fans, qui ne l’ont jamais accepté. Et la validation du billet pour le Brésil, le 16 novembre face au Sénégal (1-1), n’a pas calmé les plus vifs détracteurs de l’ancien milieu de terrain (d’origine tunisienne) de l’équipe de France. Alors que la campagne éliminatoire s’est conclue sans la moindre défaite (cinq victoires, trois nuls), ils lui reprochent pêle-mêle son inexpérience – il n’avait jamais entraîné d’équipe -, son salaire (il est de 60 000 euros par mois, mais certains assurent qu’il atteint 200 000 euros) et la qualité du jeu proposé.

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"Virer Lamouchi" via Facebook

Les réseaux sociaux sont devenus l’arme de communication massive de ceux qui souhaitent ouvertement son départ. Le jour de la qualification, une page Facebook intitulée "Virer Lamouchi maintenant" a été créée. Elle a attiré près de 20 000 internautes, sans toutefois produire les effets escomptés, puisque le technicien a été maintenu dans ses fonctions.

Depuis la France, où il vit, Sabri Lamouchi reconnaît qu’il n’est pas insensible aux attaques, parfois violentes, dont il fait l’objet. "Un sélectionneur est habitué aux critiques. Mais sur le plan humain, c’est parfois difficile", explique cet ancien joueur passé par Auxerre, Monaco, Marseille (France), Parme, l’Inter Milan, Genoa (Italie) et le Qatar. Pas dupe, Lamouchi sait bien qu’Augustin Sidy Diallo, le président de la Fédération ivoirienne de football, à l’origine de sa nomination et dont les relations avec le ministère de tutelle sont plutôt fraîches, est lui aussi très contesté. Et que l’attaquer est aussi une façon d’atteindre celui qui l’a choisi…

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