Morts pour la France

Cavalerie marocaine, durant la première guerre mondiale. © AFP

À la veille du centenaire du conflit de 1914-1918, retour sur l'engagement de l'Afrique au cours des deux guerres mondiales.

Le 7 novembre, lors de son allocution pour le lancement des célébrations du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui auront lieu jusqu’en 2018, le président François Hollande a salué l’engagement des soldats « venant de toutes les colonies, de l’Afrique à l’Asie du Sud-Est, qui ont pris part à une guerre qui aurait pu ne pas être la leur ». À cette occasion, la ville de Reims prévoit d’ériger, en 2014, une statue en hommage aux combattants africains tombés lors de la bataille de la Marne et espère, à ce titre, recevoir le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, dont l’arrière-grand-père, Nango Keïta, est mort à Verdun. L’engagement des troupes coloniales sera également rappelé lors du défilé du 14 Juillet, lors de l’inauguration du mémorial de Notre-Dame-de-Lorette ou encore à travers divers projets pédagogiques. Des 1 500 manifestations qui auront lieu dans l’Hexagone et qui sont labellisées par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale pour le début de l’année, certaines seront consacrées aux minorités – les Corses notamment – impliquées dans ce conflit. Mais aucune ne sera consacrée en tant que telle au rôle joué par l’Afrique et au lourd tribut payé par ses 500 000 soldats mobilisés. Si l’engagement des Subsahariens est désormais reconnu, celui des Maghrébins souffre encore d’un déficit de travaux de recherches. Rappellera-t-on alors que la Première Guerre mondiale fut aussi une guerre coloniale ? Que la France, le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud se partagèrent les possessions allemandes ? Que pour la première fois Paris alla chercher dans ses colonies des hommes qu’il envoya au front en Europe et qu’il renouvellera l’opération lors de la Seconde Guerre mondiale et en Indochine par la suite ? Que sans le courage et la bravoure de ces hommes, mais aussi sans les ressources exploitées sur le continent, il n’aurait pas remporté les deux conflits mondiaux ainsi que l’ont démontré efficacement les chercheurs internationaux invités à participer du 17 au 22 novembre au festival Images et Histoire à Brazzaville ? La France, a rappelé François Hollande, a une « dette d’honneur » à l’égard de ses anciens soldats coloniaux et de « leurs descendants ». Espérons qu’elle l’honore à la hauteur du sacrifice africain.