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Rwanda : Karegeya, un meurtre trop parfait

Par Jeune Afrique

Patrick Karegeya, assassiné dans sa chambre d'hôtel à Johannesburg, le 1er janvier. © AP/Sipa

L'assassinat de l'ancien patron des services de sécurité rwandais, Patrick Karegeya, soulève de nombreuses questions.

Qui a commandité l’assassinat par strangulation du Rwandais Patrick Karegeya (53 ans) dans sa chambre d’hôtel à Johannesburg, le 1er janvier ? Aussitôt accusées par les partisans de l’opposant, les autorités de Kigali démentent et disent attendre les résultats de l’enquête sud-africaine. Rien n’est simple, il est vrai, dans la personnalité de la victime.

Officier de renseignement au sein de l’armée ougandaise pendant la guerre de 1994 (à laquelle il n’a pas participé), il rejoint Kigali après la libération et dirige jusqu’en janvier 2004 le National Security Service (NSS), les services de sécurité rwandais, sans jamais avoir été un proche du président Paul Kagamé – mais qui peut se vanter de l’être ? Reversé dans l’armée rwandaise avec le grade de colonel, Karegeya n’accepte pas sa mutation, est condamné pour insubordination en 2006 et s’exile en Afrique du Sud l’année suivante. Bientôt rejoint par le général Kayumba Nyamwasa, ex-chef d’état-major, il fonde avec lui, en 2011, le Rwanda National Congress (RNC) et se distingue par ses appels au renversement "par des moyens violents" du régime Kagamé, appels suivis d’attentats à la grenade à Kigali. Condamnés par contumace au Rwanda à vingt ans de réclusion, les deux hommes ne tardent pas à se déchirer pour le leadership du RNC, Karegeya refusant de reconnaître la prééminence de Nyamwasa. Tenue le 22 décembre 2013 à Pretoria, une réunion de conciliation aurait abouti à un échec.

Autre mystère : qui est Appollo Ismaël Kiririsi, cet entrepreneur tutsi peu connu au Rwanda avec lequel Karegeya (qui voyageait fréquemment pour ses affaires entre Kinshasa, Lusaka, Harare et Maputo) avait rendez-vous le jour du meurtre ? Selon de bonnes sources, il ne se trouve plus en Afrique du Sud – si tant est qu’il s’y soit rendu, les agents de l’aéroport de Kigali n’ayant pas trouvé trace de son départ.

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