Libye : en 2014, il faudra compter avec eux

Mohammed Sowan réfute sa filiation avec les Frères Musulmans. © Joan Tilouine

Mohammed Sowan

Ancien directeur des travaux à la chambre de commerce de Misrata – ville dont il est originaire -, Mohammed Sowan est à la tête du Parti pour la justice et la construction (PJC) et réfute en bloc sa filiation au mouvement des Frères musulmans. Ce militant islamiste de 55 ans a fait huit ans de prison sous Kadhafi. À sa sortie, il se lance dans l’hôtellerie et dans la politique. S’il n’est pas un intellectuel, il est un habile stratège, qui a réussi à tourner à son avantage la défaite aux élections de juillet 2012. Officiellement minoritaire au Parlement, le PJC revendique 5 000 membres et a su rallier à sa cause plus de la moitié des 120 députés indépendants pour disposer d’une majorité informelle. Ce parti avance masqué et place ses hommes "sans étiquette" à tous les postes clés. "C’est le jeu de la démocratie", affirme Sowan, toujours volubile quand il s’agit de critiquer Zeidan, qu’il entend remplacer par un candidat du PJC. À défaut, il est prêt à négocier avec l’AFN. Car, au PJC, tout le monde en convient, cet homme influent n’a pas le charisme pour occuper une telle fonction.

Mustapaha Abou Chagour

À 62 ans, l’éphémère Premier ministre élu de la nouvelle Libye (septembre-octobre 2012) reste ambitieux. Ce Tripolitain est un proche d’Abdurrahim el-Keib, dont il a été vice-Premier ministre de novembre 2011 à septembre 2012. Professeur en ingénierie électrique, il a créé une entreprise aux États-Unis, avant de diriger le campus du Rochester Institute of Technology de Dubaï. Ancien membre du Front national pour le salut de la Libye (FNSL), il a rejoint le Conseil national de transition comme représentant de la capitale. Il est aujourd’hui sans appartenance politique. En septembre 2013, Abou Chagour a créé The Libyan Policy Initiative, un think tank qui plaide pour un régime hybride, avec un président élu au suffrage universel et un gouvernement contrôlé par le Parlement. Récemment, il s’est opposé à la prolongation du mandat du Congrès national général.

Ali al-Issaoui

Quatre jours seulement après la sanglante répression d’une manifestation dans sa ville natale de Benghazi, Ali al-Issaoui démissionnait de son poste d’ambassadeur en Inde. En tandem avec Mahmoud Jibril, il fut l’un des premiers à contacter Mustapha Abdeljalil en vue de créer un Conseil national de transition (CNT). Ces trois hommes avaient participé, à des titres divers, au projet réformiste de Seif el-Islam Kadhafi et se sont croisés au gouvernement. Ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Investissement de 2007 à 2009, il était chargé des Affaires internationales du CNT, après le soulèvement de 2011. Issaoui, 57 ans, ferait l’unanimité au sein des deux principaux partis du Parlement (AFN, de Mahmoud Jibril, et PJC, de Mohammed Sowan) pour le poste de Premier ministre. Petit écueil : la rumeur l’accuse d’avoir trempé dans l’assassinat encore non élucidé, en juillet 2011, du général Abdelfattah Younès, alors commandant des rebelles.