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RDC – Aubin Minaku : « Kabila respectera la Constitution »

Élu du PPRD (au pouvoir), Aubin Minaku a coprésidé les concertations nationales. © Junior D.Kannah/AFP

Aubin Minaku, président de l'Assemblée nationale de RDC, a coprésidé les concertations nationales qui se sont tenues à Kinshasa du 7 septembre au 5 octobre 2013. Pour "Jeune Afrique", il revient sur les enjeux de ces assises à l'issue desquelles 600 propositions ont été formulées. Entretien.

Le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, 49 ans, député du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir) et secrétaire général de la majorité présidentielle, a coprésidé avec son homologue du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, les concertations nationales. Du 7 septembre au 5 octobre 2013, ces assises ont réuni à Kinshasa les représentants de la majorité, de l’opposition et de la société civile. Elles ont abouti à la formulation de plus de 600 recommandations, parmi lesquelles la formation d’un gouvernement d’ouverture.

Jeune Afrique : Les concertations nationales ont-elles réussi à renforcer la cohésion du peuple congolais ?

Aubin Minaku : La cohésion nationale ne se décrète pas, elle se parfait jour après jour. Lors de ces concertations, nous avons dressé un état des lieux sans complaisance du pays. Cela nous a permis de poser certains principes fondamentaux, qui contribueront à étoffer et à faire grandir la cohésion entre les Congolais.

Certains observateurs estiment que le pouvoir a organisé ces assises dans le seul but de préparer le terrain à un gouvernement d’ouverture et ainsi de diviser l’opposition. Que leur répondez-vous ?

Qu’il n’est pas correct de limiter la portée des conclusions de ces concertations nationales à ce seul aspect. Il s’agissait d’une perspective globale. Nous avons formulé de nombreuses autres recommandations importantes, qui concernent notamment le processus électoral, la gouvernance économique, la justice sociale ainsi que la situation sécuritaire dans le Kivu et en Ituri, dans la Province orientale. Car aujourd’hui, dans un contexte de guerre d’agression dans l’est du pays, le souci majeur des Congolais est que tout soit mis en oeuvre pour ne pas perdre un seul centimètre carré de territoire national. C’est pourquoi nous avons décidé de travailler ensemble, majorité et opposition, à restaurer l’autorité de l’État.

L’article 220 de la Constitution, qui empêche le président Kabila de briguer un troisième mandat en 2016, n’a pas été évoqué lors des concertations. Beaucoup s’en sont étonnés…

S’il y a un Congolais qui n’est pas surpris, c’est bien Joseph Kabila. C’est lui qui a amené le peuple, par référendum, à adopter les dispositions constitutionnelles, du premier au dernier article. Il en est le garant, il les respecte et les fera toujours respecter. La surprise est grande, en revanche, pour ceux qui voudraient faire de la remise en question de cet article un fonds de commerce politicien.

De notre côté, si nous devons tenir l’échéance de la prochaine élection présidentielle en 2016, il faut tout mettre en place pour que les scrutins à venir soient le plus crédibles possible. C’est l’impératif numéro un. Dans cette optique, les préconisations ont été, entre autres, d’organiser un recensement de la population, d’établir des cartes d’identité et de structurer la Commission électorale nationale indépendante de façon plus cohérente.

A priori, Joseph Kabila ne sera donc pas candidat à la présidence en 2016. Et vous ?

La RDC compte près de 75 millions d’habitants. Combien d’entre eux, peut-être plus doués que moi, ont eu l’occasion de devenir président de l’Assemblée nationale ? Très peu. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est parce que j’ai toujours fait preuve de discipline au sein de ma famille politique. L’essentiel pour moi est donc de continuer à exercer avec zèle ce mandat exaltant qui m’a été confié.

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Propos recueillis par Trésor Kibangula

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