Petit lexique du racisme ordinaire

Par Jeune Afrique

Abid : pluriel de Abd, « esclave ».

Aberkane : mot du tamazight signifiant Noir.

Babay, Bambara : termes les plus usités pour désigner les Noirs.

Chadi : « singe » dans le dialecte algérien, souvent réservé aux personnes qui n’ont pas été gâtées par la nature, mais aussi aux Noirs.

Ch’naoua : sobriquet utilisé par les Noirs du Sud pour évoquer les Blancs du Nord.

Folklore : terme générique utilisé par les médias officiels pour désigner la vie artistique de la communauté noire.

Khal : couleur noire en arabe, qui a inspiré tous les sobriquets vexant à l’égard des Noirs (Kahlouch, au féminin kahloucha).

Kahl el-btana : sans doute l’expression la plus méchante. Littéralement « entrailles noires », mais signifiant « âme noire ».

Nigrou : l’incontournable Nègre dans la panoplie du raciste. Dans les stades de foot, on y ajoute une touche : Nigrou Batata, « pomme de terre noire ». Pourquoi pomme de terre ? Nul ne le sait, mais des joueurs de talent tels le prodige Mohamed Zarabi durant les années 1970, ou Abdelkader Bahmane, joueur puis coach du Widad de Tlemcen, avaient eu la vie dure dans les stades algériens.

Autre utilisation du terme Nigrou : quand un jeune se voit confier un trop gros volume de travail, il réagit en affirmant : « Baba mechi nigrou ». Traduisez par : « mon père n’est pas un Nègre » ; autrement dit, « je ne suis pas d’une lignée d’esclaves ».

Zitouna : pour « olive noire ».

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