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Pétrole : l’Afrique, perdante en cas de conflit en Irak

Par Jeune Afrique

L’incertitude qui règne sur les marchés du pétrole depuis octobre 2002 rend difficile toute prévision quant à l’impact réel d’un conflit en Irak, à court et moyen terme, pour une économie mondiale qui tourne déjà au ralenti. Difficile aussi de cerner l’impact sur le continent africain, même si, à de rares exceptions près – les douze producteurs africains recensés, et encore… -, il est acquis que les répercussions seront largement négatives.
Avec ses 8 millions de barils extraits chaque jour (b/j), l’Afrique représente un peu moins de 10 % de la production mondiale, contre plus du tiers pour le Moyen-Orient. Sa consommation, elle, demeure très limitée – autour de 2,5 millions de b/j – l’essentiel de la production étant destiné à l’export.

Du côté des producteurs africains, toute hausse du prix du baril de brut de 1 dollar apporte une recette additionnelle brute estimée à 5,5 millions de dollars par jour – soit près de 2 milliards de dollars en année pleine -, dont les principaux bénéficiaires sont le Nigeria, l’Algérie, la Libye et l’Angola. Mais ce niveau de recettes demeure très théorique. Dans la réalité en effet, tout dépend des accords passés avec les multinationales du pétrole, de l’existence ou non d’une compagnie pétrolière nationale, et des accords de partage de production ou du montant des royalties qui sont reversées. À ce petit jeu, ce sont surtout l’Algérie et la Libye qui tirent leur épingle du jeu. Suivies par l’Égypte – le pays a dépassé le stade de l’autosuffisance pour devenir un gros exportateur -, puis par le Nigeria, l’Angola, le Gabon et la Guinée équatoriale, où les multinationales trustent, il est vrai, plus du tiers des recettes.

Avec un cours du pétrole autour des 22 dollars le baril en 2002, l’Algérie a ainsi perçu 16 milliards de dollars de ses ventes d’hydrocarbures, contre plus de 22 milliards de dollars en 2001. Si le baril se maintient durablement au-dessus de la barre des 30 dollars, Alger pourrait engranger en 2003 une recette supplémentaire de 5 milliards de dollars. Cette manne additionnelle pourrait s’élever à 3 milliards dans le cas de la Libye, à 7 milliards pour le Nigeria et à un peu plus de 1,5 milliard pour l’Angola. Dans le même temps, Libreville pourrait obtenir un bonus de 360 millions de dollars et Malabo un peu plus de 500 millions de dollars, en raison de la croissance exponentielle de sa production. À Brazzaville, le budget 2003 intègre déjà ces cours favorables du brut en tablant sur 180 milliards de F CFA (275 millions de dollars) de recettes supplémentaires, soit 22 % de plus que dans le budget 2002. On imagine aisément le bénéfice que ces pays pourraient tirer d’une flambée durable du pétrole et d’un maintien des cours entre 40 et 50 dollars !
Pourtant, face à cette dizaine de nantis – auxquels il faut ajouter la Tunisie, producteur certes en déclin, mais qui parvient à couvrir ses besoins -, c’est tout le reste du continent qui tire la langue lorsque le pétrole atteint des sommets. À commencer par la première puissance, l’Afrique du Sud, dont la consommation quotidienne atteint 490 000 b/j, soit 20 % environ de la consommation totale du continent.

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