Ce que lisent les Maliens

Écrit par Charlotte Cans

La librairie Ba est une institution à Bamako. Intellectuels, artistes, hommes politiques et étrangers viennent y flairer l’air du temps, trouver les dernières parutions ou dénicher un ouvrage scientifique précis. Pour Bouya Ba, maître des lieux depuis trente ans, « les Maliens n’achètent pas par curiosité mais par nécessité ». À côté du dernier roman d’Ahmadou Kourouma Quand on refuse, on dit non (Le Seuil), actuellement en rupture de stock à la librairie Ba, les livres politiques figurent parmi ses meilleures ventes. Le Mali d’Alpha Oumar Konaré (L’Harmattan) de Pascal Baba Couloubaly arrive en tête, suivi de près par Ma vie (Odile Jacob), la biographie de Bill Clinton.

L’ouvrage très polémique d’Abdou Latif Coulibaly Wade, un opposant au pouvoir (Sentinelles), ainsi que la réplique du président sénégalais Un procès d’intention à l’épreuve de la vérité (L’Hémicycle) sont également très prisés par les lecteurs maliens. Cela n’empêche pas des ouvrages davantage anthropologiques et historiques tels que L’Héritage empoisonné (L’Harmattan) de l’ancien ministre de la justice Abdoulaye Garbo Tapo, Peuls (Le Seuil) de Tierno Monénembo et Kénédougou. Le crépuscule de l’Afrique coloniale (Présence africaine) de Roland Colin de trouver leur place au palmarès des ventes maliennes.

Par ailleurs, les grands classiques d’Amadou Hampâté Bâ et de Massa Makan Diabaté sont demandés en permanence. Enfin, parmi les best-sellers du libraire de Bamako, on trouve aussi quelques surprises comme l’ouvrage d’Olivier Rey Itinéraire d’un égarement (Le Seuil), un essai sur le sens et le non-sens de la science dans le monde d’aujourd’hui.