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Yvonne Adélaïde Moundélé-Ngollo

Écrit par Cheikh Yérim Seck

Ministre congolaise du Commerce, de la Consommation et des Approvisionnements.

«J’ai joué le rôle de la mère : rapprocher le père de ses enfants récalcitrants. » Ainsi parle Yvonne Adélaïde Moundélé-Ngollo, ministre congolaise du Commerce, de la Consommation et des Approvisionnements, principal artisan de l’accord du 17 mars 2003 qui a mis fin aux hostilités entre le pouvoir et les Ninjas du pasteur Ntoumi, et conduit, le 29 août, au vote d’une loi d’amnistie en faveur des ex-combattants rebelles.
Cette femme de 59 ans, avenante, croyante, présidente de la chorale de la cathédrale Sacré-Coeur de Brazzaville, a cru devoir accomplir son rôle de catholique et de mère en pilotant, dès décembre 2000, des journées de réflexion sur la paix, l’unité et la reconstruction dans le Pool, la région de Brazzaville, meurtrie par les combats entre l’armée régulière et la rébellion. Sollicitée par le Cercle de réflexion pour l’unité et la paix du Pool (CRUPP, regroupement de décideurs, d’intellectuels, de sages, de femmes et de jeunes originaires de cette province), elle sillonne la plupart des treize districts de la zone dans des conditions souvent risquées, rencontre les populations, distribue vivres et médicaments, assiste les personnes déplacées, appelle à la paix… Enfant du terroir, Yvonne Adélaïde, née Mougany, fille d’Édouard, ancien député de la région et collaborateur direct du défunt président Fulbert Youlou, petite-fille d’un chef de terre, ne pouvait pas ne pas être écoutée. En octobre 2000, deux mille combattants Ninjas sortis du maquis prennent part à son meeting dans le district de Mindouli.
Le 18 novembre 2002, elle dirige une marche de près de cinq mille personnes vers le palais présidentiel de Mpila, qui pousse le chef de l’État à décréter l’arrêt des opérations militaires et l’ouverture de couloirs humanitaires.
Le pasteur Ntoumi prend langue avec elle par le biais de ses proches collaborateurs, dont son propre frère, le docteur Gozardio. Elle parvient à convaincre la rébellion de parapher, début mars 2003 à Kibouendé, des accords prévoyant la cessation des hostilités et l’échange des prisonniers. Et qui vont être formalisés à Brazzaville le 17 mars 2003, date à laquelle elle se dessaisit du dossier au profit d’un Comité de suivi. Une nouvelle page de l’histoire contemporaine du Congo venait d’être écrite.
Le destin d’Yvonne Adélaïde est intimement lié aux grands événements du Congo indépendant. Mariée en premières noces à Ange Diawara, un lieutenant exécuté pour cause de complot en 1973, elle a vu son défunt mari et feu le président Marien Ngouabi rédiger, avec d’autres pionniers, les statuts du Parti congolais du travail (PCT, toujours au pouvoir).
Elle est aujourd’hui l’épouse de Benoît Moundélé-Ngollo, ancien ministre et ex-maire de Brazzaville, devenu préfet de la capitale.
N’ayant vécu qu’aux abords du pouvoir avant d’entrer au gouvernement en août 2002, cette femme se réclame de la société civile. Encartée dans aucune formation politique, elle est membre du Club 2002, un mouvement de soutien à l’action du président Denis Sassou Nguesso, dirigé par Willy, un neveu de celui-ci. Elle pilote également deux associations : le Mbongui (« lieu de rassemblement », en laari) voué à la consolidation de l’unité nationale et l’Association congolaise énergie & société (Ascones) qui a réalisé, en 2002, l’électrification du centre de Makola, dans le département du Kouilou.
Diplômée en droit et gestion des entreprises publiques de l’université de Paris-Sceaux et de l’Institut international d’administration publique (IIAP), Yvonne Adélaïde a gravi tous les échelons dans le secteur de l’énergie, après avoir débuté sa carrière à la primature en 1970 : chef de division économie à la direction études & planification d’Hydro-Congo en 1982, directrice générale par intérim d’Hydro-Congo à partir de 1986, conseillère du ministre des Hydrocarbures en 1994, directrice générale d’Hydro-Congo en 1998.
Membre du comité de suivi de la Convention pour la paix et la reconstruction nationale, Moundélé-Ngollo ne cache pas sa fierté d’avoir contribué au retour de la paix dans son pays. Elle refuse toute polémique avec les politiques qui revendiquent l’accord du 17 mars, et regarde vers l’avenir. Dans sa ligne de mire, les législatives partielles dans le Pool (qui avaient été reportées du fait de la guerre). Elle compte se présenter dans la première circonscription de Mindouli. Cette Soundie du terroir, fille de député et petite-fille de chef de terre, a bien des cartes en main.

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