Place aux femmes

Écrit par Élise Colette

Avant même de s’être attelée à la tâche, la nouvelle équipe mise en place le 4 janvier par le président Jakaya Kikwete, élu le 21 décembre, est applaudie par la plupart des Tanzaniens : disparition de certains vieux briscards de la politique, apparition de nouvelles personnalités et, surtout, entrée en force des femmes : 16 sur 59. Le fait est suffisamment rare pour être souligné, ce dont Kikwete ne s’est d’ailleurs pas privé, lui qui avait promis, lors de sa campagne, de promouvoir l’égalité des sexes.

Zakia Meghji, à qui échoit le maroquin des Finances, est une figure incontournable à Dodoma et à Dar es-Salaam. À la tête, depuis neuf ans, du ministère du Tourisme et des Ressources naturelles – premier pourvoyeur de devises -, « Mama Meghji » est une militante de toujours et l’une des premières femmes élues au Parlement. Elle était entrée au gouvernement en 1993, au département de la Santé. Après douze ans de bons et loyaux services, la voilà propulsée grande argentière.

Autre nomination importante, celle d’Asha-Rose Migiro au ministère des Affaires étrangères. Kikwete connaît, pour l’avoir occupé pendant dix ans, le poids et la valeur de ce portefeuille. Son nouveau titulaire, docteur et agrégée de droit, a déjà fait ses preuves en politique, notamment à la tête du ministère du Développement communautaire, des Femmes et des Enfants. En confiant à quatre autres femmes l’Éducation, la Justice, le Développement communautaire et la Fonction publique, en faisant de dix autres des vice-ministres, Kikwete entretient l’excellente image dont jouit son pays depuis le départ volontaire de Julius Nyerere. Nul doute que les Scandinaves – pointilleux sur la question de l’égalité des sexes et principaux pourvoyeurs de l’aide à la Tanzanie – apprécieront l’effort.

L’équipe mise en place satisfait également aux engagements pris dans le cadre du processus de promotion des femmes engagé au sein de la Communauté des États de l’Afrique australe (SADC), dont la Tanzanie est membre, malgré sa position géographique trop orientale et son appartenance parallèle à la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (CAE). Kikwete prend ainsi exemple sur le Mozambique, où six femmes sont ministres, dont le chef du gouvernement, et, surtout, sur l’Afrique du Sud, championne incontestée du continent en la matière : 8 femmes ministres sur 21, et une vice-présidente, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici