George Weah

Écrit par Faouzi Mahjoub

Ancien international libérien de football

Lundi 1er mars, il y a foule à l’IMG Academy de Bradenton. L’équipe américaine des moins de 20 ans entame un stage en vue des Championnats du monde prévus en 2005 aux Pays-Bas. Parmi les sélectionnés, un certain George Weah Junior (16 ans), le propre fils de « Mister George », le célébrissime footballeur libérien. On imagine bien la fierté du papa lorsque l’on sait que son rejeton est déjà sur les tablettes du Milan AC, club dans lequel il a passé la plus belle partie de sa carrière.
Trois jours après, Weah père est à Londres, pour le centenaire de la Fifa, qui l’a classé parmi les « cent légendes vivantes du football ». Une consécration pour le Libérien, qui en rappelle d’autres.

George Weah a raccroché ses crampons en août 2003, après vingt et un ans d’une carrière entamée sur le terrain pelé de Claretown, et qui l’aura vu exceller dans plusieurs équipes libériennes dont la sélection nationale, le Lone Star, puis le Tonnerre de Yaoundé, l’AS Monaco, le Paris-Saint-Germain (PSG), le Milan AC, Chelsea, Manchester City, l’Olympique de Marseille et enfin Al-Jazira Sports, aux Émirats arabes unis, son dernier club. Mais dès avant de renoncer au ballon rond, Weah avait commencé à investir sa fortune de façon généreuse. Il faut dire que jamais footballeur africain n’aura été aussi bien rémunéré – 84 600 euros nets mensuels du temps du Milan AC.
Après avoir installé sa famille à New York – lui-même possède une spacieuse demeure dans le Queens -, il s’est lancé dans le business et a même ouvert un fast-food. Mais ce sont d’autres largesses qui ont assis sa popularité dans son pays natal.

Depuis le milieu des années 1990, il finance une fondation à Monrovia qui a ressuscité le football libérien. Et particulièrement le Lone Star. Pendant plus de deux ans, il a avancé les billets d’avion et fourni les maillots et les crampons. C’est grâce à son talent et à celui de ses frères émigrés que le Lone Star a gagné son billet pour l’Afrique du Sud et participé, en janvier 1996, à sa première Coupe d’Afrique des nations. Dès 1994, il était déclaré « ambassadeur de prestige » du pays.
Avec le Lone Star, le bail s’acheva dans la soirée du 28 janvier 2002, à Mopti. À l’issue du match de Coupe des nations Nigeria- Liberia (1-0), George annonça qu’il quittait ses fonctions d’entraîneur-capitaine. « J’ai envie, avoua-t-il d’être président de la Fédération de football du Liberia, mais sous un autre gouvernement. » Et d’accuser les dirigeants du sport de son pays de corruption. Et de condamner l’utilisation des enfants-soldats.
La popularité et le franc-parler de Mister George ne furent pas du goût du dictateur Charles Taylor, dont le gendre Edwin Snowe dirigeait alors le football libérien. Les miliciens de Taylor s’en prirent à la famille du joueur, dont ils détruisirent la maison. Weah répondit à sa façon. Le 26 juillet 2002, il réunit la crème du ballon rond libérien à Union, New Jersey, aux États-Unis. Sur la pelouse du Cooke Memorial Stadium, l’Invincible Eleven et le Mighty Barolle s’affrontèrent pour célébrer le 155e anniversaire de l’indépendance du Liberia. Un pied de nez à Charles Taylor qui, en 2003, quittera piteusement le pouvoir, entraînant dans sa chute son gendre Edwin Snowe.

Depuis le 26 janvier 2004, Mister George est de retour à Monrovia, où il prend part à la campagne de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul) pour le désarmement et la réinsertion sociale des enfants-soldats.
Mais le jeune retraité se passionne également pour le développement du football africain. Il a, sans succès, voulu jouer un rôle au sein de la CAF, avec une autre star en retraite, le Ghanéen Abedi Pelé. En mai 2002, ils se sont engagés, avec l’Ivoirien Basile Boli et les Camerounais Roger Milla et Joseph-Antoine Bell, dans la campagne pour la réélection de Joseph Blatter à la présidence de la Fifa. Ils sont aujourd’hui tous unis pour promouvoir la candidature de l’Afrique du Sud à l’organisation du Mondial 2010.

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