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Sinistre canular

Écrit par Samy Ghorbal

Révélée le 26 novembre, la nouvelle de l’assassinat, à Bagdad, de 11 membres de la famille d’un journaliste irakien exilé en Jordanie avait fait le tour du monde. Elle n’avait surpris personne tant la capitale irakienne semble en proie au chaos et aux règlements de compte. Imputé aux escadrons de la mort de la milice chiite Badr, proche du gouvernement, le massacre avait provoqué une grande émotion à Amman, où plusieurs personnalités s’étaient déplacées pour la cérémonie de condoléances organisée au domicile du malheureux journaliste. Et personne n’avait prêté attention au ferme démenti du porte-parole du ministère irakien de l’Intérieur, qui assurait que rien de tel ne s’était produit.
Mais quelques jours plus tard, la famille de Dia al-Kawwaz était retrouvée par une équipe de télévision d’Al-Hurra. « Grâce à Dieu, nous sommes en vie », a déclaré la sur de l’imposteur, qui a affirmé ne pas comprendre les motivations ayant poussé son frère à monter cette révoltante supercherie. Quelles qu’en soient les raisons – l’appât du gain ou la manipulation politique, le journaliste, lui-même chiite, étant un farouche détracteur du Premier ministre Nouri al-Maliki -, ce canular sordide jette le discrédit sur une corporation qui a pourtant payé un terrible tribut à la guerre, puisque 206 professionnels des médias ont été tués en Irak depuis 2003.

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