Said Ibrahimi : « La position de Casablanca comme hub africain est désormais reconnue »

Par Jeune Afrique et

Said Ibrahimi, PDG de Casablanca Finance City Authority, au Africa CEO Forum 2014. © Eric Larrayadieu/JA

La place financière de Casablanca vient d'être classée 62e place au niveau mondial dans l'indice londonien GFCI. Said Ibrahimi,  PDG de Casablanca Finance City Authority, revient sur cette percée pour "Jeune Afrique".

La place financière de Casablanca vient d’être classée au 62e rang mondial dans l’indice londonien GFCI. Rencontré à Genève, en marge du Africa CEO Forum, Said Ibrahimi, PDG de Casablanca Finance City Authority, nous explique ici les tenants et les aboutissants de cette percée. Interview.

Jeune Afrique : Sur quelle base CFC a-t-elle été sélectionnée dans cette liste de 83 places internationales ?

Said Ibrahimi : Ce classement se fait sur la base d’une perception et d’une réalité. L’institution londonienne qui est en charge du classement, Z/Yen, recueille d’abord les avis des financiers à travers la planète, en dehors bien sûr de ceux qui opèrent dans le pays concerné. Ensuite vient la mesure de la réalité sur le terrain, sur la base de rapports d’institutions mondiales comme la Banque Mondiale, le World Economic Forum, l’OCDE…C’est donc un mix entre les deux.

Casablanca dépasse même des places européennes comme celles de Madrid, Lisbonne, Dublin ou Moscou.

Concrètement, qu’est ce que classement va apporter à CFC ?

Il apporte énormément de visibilité. Casablanca est aujourd’hui sur les radars des investisseurs internationaux et de toutes les institutions qui s’intéressent à l’Afrique. Notre position en tant que hub africain est désormais clairement reconnue. Figurer dans ce classement est un puissant vecteur d’attractivité.

On confond généralement la place financière casablancaise et la Bourse de Casablanca. Ce classement concerne t-il le marché financier local ou toute la ville, en tant que hub africain ?

La place financière n’a rien à voir avec la Bourse de Casablanca. Une place, c’est d’abord un écosystème, avec un secteur financier solide, des institutions financières internationales, des sièges de multinationales et tout ce qui est associé aux services financiers. La bourse est une composante de cet écosystème. Et il faut qu’ elle soit bien sûr efficiente et attractive pour jouer son rôle dans le financement de l’économie et des entreprises. La bourse est une composante de la place financière, mais ce n’est pas la place financière.

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Comparée à d’autres places africaines, comment se positionne CFC dans ce classement ?

Nous sommes la deuxième place africaine, après celle de Johannesburg. Cette dernière a fait d’ailleurs une belle progression, puisqu’elle est passée de la 62e à la 50e place au niveau mondial. Casablanca se place désormais devant l’île Maurice (63e), qui figurait pourtant dans le classement depuis 2009. On dépasse même des places européennes comme celles de Madrid, Lisbonne, Dublin ou Moscou…

Combien d’institutions internationales ou de compagnies mondiales sont installées actuellement à CFC ?

Nous sommes à 37 institutions, entre banques, assurances, multinationales, avocats d’affaires… Mais plusieurs dossiers sont toujours dans le pipe. On sera à une cinquantaine d’institutions d’ici à la fin de l’année