Fermer

TawiPay veut faire jouer la concurrence

Par Jeune Afrique

Depuis le lancement, l'équivalent de 235 000 dollars ont été redirigés vers les services référencés sur TawiPay. © TawiPay

Lancé par une équipe de quatre jeunes entrepreneurs suisses à l'été 2013, TawiPay vient de signer un partenariat avec le français PayTop. Objectif ? Comparer les prix proposés par les différents prestataires de transfert de fonds.

La startup TawiPay, basée en Suisse, vient d’annoncer un partenariat avec le prestataire de service de transfert de fonds français PayTop. Une nouvelle pierre à l’édifice de ce comparateur de coût des transferts d’argent qui cherche à se différencier de la concurrence en donnant des indications de prix plus précises grâce à des accords avec les prestataires. « La plupart des sites de comparaison de prix sont basés sur les données fournies par la Banque mondiale, ce qui ne permet pas d’effectuer des simulations pour des montants autres que 200 et 500 dollars », constate François Briod, co-fondateur de TawiPay.

TawiPay propose ainsi aux prestataires de transfert de lui fournir leurs facturations sur différents couloirs (de pays à pays). La jeune pousse a aussi signé un partenariat avec le britannique TransferGo, qui se spécialise dans les transferts interbancaires avec l’Europe de l’Est, et discute actuellement avec d’autres sociétés. « Nous voulons étendre les couloirs, à la fois en profondeur et en largeur », poursuit François Briod. Les internautes ont la possibilité de s’abonner à un couloir et de recevoir des informations sur l’évolution des prix en temps réel. En outre, TawiPay est en train d’ouvrir une trentaine de nouveaux couloirs en plus des 220 qu’elle couvre déjà.

Lire aussi :

Qui veut la peau de Western Union et de MoneyGram ?
Afrimarket veut transformer le transfert d’argent
Transfert d’argent : les postes africaines veulent réduire les coûts
L’irrésistible ascension de la banque mobile

« Succursale »

L’idée de TawiPay (Tawi signifie succursale en swahili) est partie de l’expérience personnelle des frères Briod, qui envoient depuis 15 ans de l’argent à une tante qui travaille dans un foyer pour jeunes à N’tolo, un village au Cameroun. Une expérience qui leur a permis de se rendre compte de près à quel point le coût pour l’envoi de fonds est élevé, notamment vers l’Afrique. Selon les données de la Banque mondiale, les commissions se montent à 12,55% en moyenne en direction de l’Afrique subsaharienne.

Une chose est sûre, pas question de devenir soi-même une société de transfert de fonds : « Nous voulons conserver notre indépendance et garder la confiance que nous sommes neutres », explique François Briod. Cela n’empêche pas la jeune équipe d’avoir d’autres objectifs de développement à plus long terme comme, par exemple, fédérer les consommateurs pour rééquilibrer le marché. Afin d’atteindre le plus de clients possible, les quatre entrepreneurs imaginent également un service d’information par SMS selon la population visée.

30 000 recherches ont été effectuées et l’équivalent de
235 000 dollars ont été redirigés vers les services référencés.

Affiliation

Reste un point important : comment se rémunérer sans alourdir la facture pour l’expéditeur ? « Pour l’instant, nous cherchons avant tout à développer notre présence. Dans un deuxième temps, nous songeons à prendre des commissions d’affiliation, à la manière d’un comparateur de vols. Mais nous prendrions un pourcentage de la commission du partenaire, pas du client », détaille l’entrepreneur.

L’aventure en est à ses débuts, mais depuis le lancement en août 2013, environ 30 000 recherches ont été effectuées et l’équivalent de 235 000 dollars ont été redirigés vers les services référencés sur le comparateur. Et dès l’été 2014, les quatre entrepreneurs, dont la moitié sont encore étudiants à ce jour, entendent bien travailler à temps plein sur ces projets de développement. Et sont déjà en cours d’une levée de fonds qu’ils espèrent clôturer d’ici à fin 2014.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici