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Zuma tremble encore

La condamnation en appel, pour corruption, de son ex-conseiller financier jette à nouveau le trouble sur la culpabilité de l'ancien vice-président.

La pauvreté, la prison, l’exil, les femmes, les juges, l’opprobre, la chute et la résurrection Jacob Zuma, l’ancien vice-président sud-africain et actuel numéro deux de l’ANC, le parti au pouvoir, a connu les épreuves de l’apartheid, de la vie politique et de la vie tout court. L’autodidacte jovial et proche du peuple aura jusqu’ici survécu, indemne ou presque, à tous ces coups durs, qui auraient passablement ébranlé tout autre homme politique. Mais à 64 ans, il se pourrait bien que le miraculé, programmé pour être le successeur de Thabo Mbeki en 2009, soit obligé d’interrompre sa course, rattrapé par une affaire aux multiples rebondissements.
Le 6 novembre, le juge Craig Howie, à la Cour suprême d’appel de Bloemfontein (centre du pays), a confirmé la condamnation de Schabir Shaik, homme d’affaires et ex-conseiller financier et ami de Zuma. Reconnu coupable de fraude et de corruption et condamné à quinze ans de prison en juin 2005, l’inculpé avait fait appel. En vain. Par cette décision, la justice jette à nouveau le doute sur le sort de Zuma. Car s’il y a un corrupteur, il y a un corrompu : Shaik est accusé d’avoir versé un pot-de-vin de 143 000 euros à son patron de l’époque en échange de la protection de ses intérêts et d’avoir négocié, toujours pour le même Zuma, une rémunération annuelle de 60 000 euros auprès de la filiale sud-africaine du groupe français d’armement Thales. Le 20 septembre dernier, le président de la Haute Cour de justice de Pietermaritzburg (KwaZulu Natal) avait abandonné les poursuites contre Zuma, estimant que le dossier de l’accusation était mal ficelé. Quatre mois auparavant, ce dernier avait été blanchi dans le procès pour viol intenté contre lui par une jeune femme de 31 ans, « amie de la famille ».
Le candidat à la présidence de l’ANC était-il certain d’en avoir bel et bien fini avec la justice ? Rompu aux usages politiciens, il n’a sûrement pas eu la naïveté de penser que ceux qu’il soupçonne d’avoir ourdi ce qui passe à ses yeux pour un complot s’arrêteraient là. Mais Zuma avait peut-être la conviction que, comme pour le reste, la grâce serait avec lui. Mais avec la menace de poursuites pour corruption surgit un nouvel obstacle dans sa course à la présidentielle.

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