L’État algérien rachète 51% de Djezzy

Par Jeune Afrique

Djezzy compte 17,6 millions de clients. DR ©

Après des années de bataille juridique, VimpelCom annonce la cession de 51% du capital de Djezzy au Fonds national d'investissement pour 2,643 milliards de dollars. L'actionnaire russe conserve toutefois le management du numéro un des télécoms en Algérie.

L’État algérien, via le Fonds national d’investissement (FNI) s’empare de la majorité du capital de l’opérateur Djezzy. VimpelCom, actionnaire d’Orascom Telecom Algérie via Global Telecom Holding (GTH), a annoncé le vendredi 18 avril la signature de la vente de 51% du capital d’OTA au FNI pour un prix de 2,643 milliards de dollars. L’actionnaire russe, qui s’était emparé d’OTA via le rachat début 2011 de l’Egyptien Orascom Telecom, pourra également rapatrier les bénéfices tirés de l’activité d’OTA et qui étaient bloqués depuis plusieurs années. GTH touchera immédiatement un dividende de 1,862 milliard de dollars. Au total, la société devait toucher 4 milliards nets de taxes et après le règlement de toutes les procédures en cours et le paiement des amendes. Ces milliards serviront ensuite à rembourser des prêts d’actionnaires accordés par Vimpelcom à GTH. 

Par ailleurs, les restrictions de change et d’importation mis en place par la Banque d’Algérie contre OTA depuis avril 2010 seront levées à la suite du paiement par OTA au Trésor algérien de l’amende de 99 milliards de dinars algériens (soit environ 1,3 milliard de dollars).

Fin de la crise

Suite à cette opération, VimpelCom voit sa part dans le capital d’OTA passer de 97% à 46%. Cevital qui détient 3% de l’opérateur s’est toutefois engagé à lui céder ses parts pour 178 millions de dollars, portant à 49% la part de Vimpelcom.

La finalisation de la transaction est attendue dans le courant de l’année. Elle met un terme à des années de bataille juridique : suite à l’annonce de la cession d’Orascom Telecom à VimpelCom, l’Algérie avait dévidé de faire jouer un droit de préemption, considérant que le changement d’actionnaire entrait dans le cadre de la loi 49/51 obligeant les investisseurs étrangers à trouver un partenaire algérien à hauteur de 51% du capital. L’actionnaire russe avait notamment entamé une procédure d’arbitrage international.

Vimpelcom toujours patron

Bien que minoritaire au capital, le Russe continuera à gérer Djezzy et à la consolider dans ses comptes. « Cet accord à long terme favorable et de règlement représente un succès pour toutes les parties prenantes. Pour VimpelCom et GTH, la transaction libère 4,0 milliards de dollars en espèces permettant de rembourser la dette brute. Pour GTH et Djezzy, il met un terme à notre différend avec l’Algérie et nous permet de consolider notre position de leader dans le pays en nous permettant de continuer à investir dans un réseau 3G et de tirer pleinement parti du potentiel de croissance des données mobiles’, a souligné dans un communiqué Jo Lunder, patron de VimpelCom.

Malgré le conflit entre VimpelCom et l’Etat, Djezzy est resté le numéro un du marché. Fin 2013, l’opérateur comptait 17,6 millions de clients, pour une part de marché de 52,6%. Son chiffre d’affaires a atteint environ 1,8 milliard de dollars l’année dernière. L’entreprise est extrêmement rentable avec une marge d’Ebitda (proche de la marge d’exploitation) de 58,7%.